L’industrie tunisienne entre crise économique mondiale et transition politique interne

Le Centre de Veille et d’Intelligence Economique (CVIE) de l’IACE vient de publier une étude sur  « « L’industrie tunisienne entre crise économique mondiale et  transition politique interne » http://www.iace.tn/?publication=lindustrie-tunisienne-entre-crise-economique-mondiale-et-transition-politique-interne.

Selon cette étude, l’indice trimestriel du climat des affaires dans le secteur de l’industrie, élaboré par le CVIE, s’est légèrement redressé au cours du second trimestre de l’année 2013. Il s’est établi en effet à 16.7% lors de la dernière enquête  contre 15.9% un trimestre auparavant.

L’étude révèle également que les chefs d’entreprise qui ont répondu à la dernière enquête évoquent des difficultés  au niveau de l’approvisionnement en matières premières, mais surtout des pertes de parts de  marché, et ce, aussi bien localement qu’à l’export.

Les pertes de débouchés et leurs conséquences sur le niveau de production et de l’emploi sont  les caractéristiques typiques de toute période de récession comme celle que connaît  actuellement l’économie mondiale. La Tunisie, étant ouverte au commerce mondial, ne peut  échapper à la règle, notamment au niveau de son industrie. Considérée comme étant le premier pays exportateur de produits manufacturés en Afrique, la Tunisie devrait ainsi  subir les effets de tout choc d’origine externe, en particulier au niveau de ses clients.

Mais la perte de débouchés peut aussi résulter des chocs internes que subit l’économie  nationale. Dans le cas de la Tunisie, ce type de choc est de l’avis de la plupart des  commentateurs, directement lié à la situation de transition politique que connaît notre pays  depuis maintenant plus de deux ans.

Celle-ci s’est notamment traduite entre autres par des perturbations répétées de l’activité productive dans plusieurs unités de production suite à  des revendications sociales et salariales, un climat d’incertitude quant à l’avenir politique du pays ayant entraîné une  réduction des investissements et une baisse sensible du pouvoir d’achat des consommateurs limitant la demande intérieure, etc.

L’étude note aussi qu’au-delà de certaines fluctuations enregistrées de temps à autre, le volume d’activité correspondant de l’industrie tunisienne a suivi en moyenne une dynamique assez similaire à celle des autres groupes de pays considérés. L’impact de la crise internationale sur l’industrie tunisienne est ainsi bien réel.

L’industrie tunisienne, conclut l’étude, aurait subi plus que les autres secteurs de l’économie nationale les conséquences d’une crise internationale aiguë et les retombées immédiates du bouleversement de fond que connaît la société tunisienne après la révolution de Janvier 2011. Le rôle de ces dernières sur le déclin observé de la production industrielle serait même prépondérant, notamment en 2011.

Il est même à craindre une détérioration de la situation, et ce, indépendamment de l’évolution future de la conjoncture internationale. En effet, la réduction observée de la production s’est également accompagnée par une baisse significative des investissements, ce qui compromet évidemment les conditions d’un retour à la croissance.

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