Les erreurs du passé éclairent les tensions du présent

corps diplomatique
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Le personnel des Affaires étrangères au niveau central a observé une grève. Il s’agit d’une grève inévitable, selon le personnel, vu le « blocage » dans les négociations avec le ministère. Il s’agit en fait d’une situation inextricable, fruit de cumuls observés pendant de nombreuses années. Les affectations du personnel à l’étranger, principale préoccupation de l’essentiel du personnel, en sont un exemple.

Le personnel du ministère des Affaires étrangères au niveau central a observé, le 8 novembre 2013, une grève. Le syndicat  revendique « l’élaboration de statuts particuliers pour les corps diplomatique, administratif et technique, la révision des nominations extra-professionnelles d’ambassadeurs et consuls et la mise en application des critères d’affectation à l’étranger, la régularisation de la situation des conseillers et des candidats à des postes dans des organisations régionales et internationales et la révision des sanctions abusives ».

Il s’agit pour le personnel d’une grève inévitable vu le « blocage » dans les négociations avec le ministère. Il s’agit en fait d’une situation inextricable, fruit de cumuls observés pendant de nombreuses années. Car comme pour de nombreuses institutions du pays, le ministère des Affaires étrangères a vécu à l’heure de pratiques et de choix qui n’ont pas toujours servi la diplomatie tunisienne.

A commencer par les affectations aux postes diplomatiques et consulaires qui se trouvent être du reste une préoccupation première de l’essentiel du personnel du ministère. Une grande partie du personnel pense d’abord, et dès son entrée au ministère des Affaires étrangères, aux missions qu’il va accomplir à l’étranger. La tension est d’ailleurs visible au cours des mois d’avril, de  mai et de juin de chaque année, période qui correspond à l’annonce des désignations à l’étranger. Il est connu, pour l’anecdote, que le grand  parking du ministère se dépeuple pendant cette période, le personnel voulant manifester son mécontentement.

Non transparence des affectations

Il faut dire que les enjeux sont importants. Une mission à l’étranger est une occasion d’améliorer son quotidien. De faire des économies pour pouvoir s’offrir un toit et une voiture, de payer des études pour ses enfants à l’étranger, de se payer des vêtements de qualité, de vivre dans un environnement fait de bien-être…

Ce qui est du reste légitime. Ce qui explique pourquoi certains diplomates ont les cheveux hérissés sur la tête dès qu’ils apprennent qu’un non-diplomate (un ministre, un PDG, un haut fonctionnaire,…) a été nommé à un poste dans une ambassade ou un consulat.

Et de ce côté des choses, il faut dire que des exagérations ont eu lieu pendant toute la période allant de 1956 à 2010. Des cadres notamment du RCD (Rassemblement Constitutionnel Démocratique), le parti au pouvoir sous l’ère Ben Ali, ont été nommés dans diverses représentations diplomatiques et consulaires à l’étranger.

D’ailleurs, les désignations n’ont été que rarement réalisées avec des critères transparents. Le ministre des Affaires étrangères n’avait pas lui-même le dernier mot sur ce dossier. C’était le Palais qui décidait en définitive de tout. Privilégiant quelquefois, pour reprendre une formule connue, « les copains et les coquins ».

Et que de personnes oubliées ou encore sanctionnées ! Pour avoir quelquefois exprimé un avis qui a déplu. Ou encore ne pas avoir  défendu crânement le pouvoir en place  ou en n’accordant pas un intérêt particulier à un membre de la famille du clan Ben Ali-Trabelsi.

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