Achraf Ayadi analyse les principaux indicateurs économiques de la Tunisie 2013 / 2014

Intervenant aujourd’hui dans le cadre d’une conférence sur les principales orientations du projet de loi de finances 2014, organisée par la CONECT, l’expert bancaire et financier tunisien, M. Achraf Ayadi a présenté une intervention vidéo enregistrée depuis Paris, ayant pour thème les principaux indicateurs économiques en 2013. Il a été question à travers cette communication des principaux indicateurs économiques, entre autres, la consommation et l’investissement.

D’après l’expert, force est de constater que l’investissement public a été défaillant en 2013 et même en 2012 : « Nous avons constaté que la consommation du budget d’investissement de l’Etat a été très faible, inférieure à 20% pour le premier semestre de l’année  2013 ». Selon lui, il y avait bien un budget disponible mais il n’a pas été consommé par l’Etat, dans une phase où l’investissement privé était en berne. Une erreur de management considère-t-il.

Revenant sur l’investissement direct étranger, l’intervenant a mis en garde contre l’insécurité et l’instabilité politique « qui ont induit une baisse significative de ce type d’investissement, notamment dans les secteurs exportateurs », déclare-t-il.

Adressant des reproches à l’investissement local, il a constaté que la liquidité est disponible, mais cette liquidité n’alimente pas l’accroissement des capacités productives: il n’y a pas de création d’emplois, il n’y a pas d’agrandissement des capacités productives des entreprises. Avant de présager : « En revanche, il alimente une bulle immobilière, qui nous posera à l’avenir maints problèmes ».

Evoquant la situation de la consommation, le spécialiste affirme que la création d’emplois fictifs dans le secteur public est non productive et elle a induit l’injection de liquidités massive sur le marché, d’où une inflation galopante.

La dérégulation apparue avec l’accroissement du marché informel, la contrebande et la perméabilité des frontières, l’importation de produits étant en concurrence directe vis à vis des produits locaux, tous ces paramètres ont induit un accroissement de la consommation, mais c’est un accroissement qui ne s’appuie pas véritablement sur une productivité solide. La croissance que nous avons créée « existe mais elle n’est pas durable ».

Avant d’analyser la loi de finances 2014, il a fait un rappel de la loi de finances 2013, « qui était basée sur un objectif de 4,5% de taux de croissance : premier trimestre 2013 réduction de 4,5% à 4%, puis troisième trimestre 2013, il a été annoncé que l’objectif cible était de 3,6%, mais au mois d’octobre 2013, le FMI nous a informé que le pays ne réalisera pas plus de 3%. »

M. Ayadi interprète la dégradation de la note souveraine de la Tunisie et le refus d’accorder des crédits par les grandes institutions financières comme une sanction à la politique économique actuelle.

Terminant sur un message positif et optimiste, il a également lancé un appel à la mobilisation aux chefs d’entreprises tunisiens les incitants à garder l’espoir et à investir dans l’avenir. « Nous n’abandonnerons pas notre pays », a-t-il martelé à la fin de son intervention.

Mise à jour le 07/11/2013

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