Le mécanisme national de prévention de la torture verra bientôt le jour

Hamida Dridi, membre du comité directeur de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), dans une déclaration donnée à l’Economiste maghrébin a affirmé que désormais, la Ligue sera autorisée à visiter les centres de détention, ce qui est une première car en Afrique aucun organisme de la société civile  n’a le droit de visiter les centre de détention, ce qui est « un point positif pour la Tunisie », d’après elle.

D’après l’interrogée, le nombre de cas de torture dans les prisons a connu une régression et maintenant nous parlons de torture dans les centres de détention. «  C’est pour cette raison que nous revendiquons le droit de visiter et de voir les centres de détention  sans préavis afin de proposer les réformes pertinentes et non pas pour dénoncer les dépassements constatés et mettre au pilori leurs auteurs  », précise-t-elle.

Revenant sur l’état des prisons tunisiennes, Hmida Dridi l’a qualifié de déplorable et a mis l’accent sur l’encombrement dans les prisons civiles. A titre d’exemple, a cité le membre du comité directeur de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme, le cas de la prison de Monastir «  où 120 prisonniers occupent la même cellule ». S’ajoute à cela la mauvaise infrastructure des prisons.

Pour placer le sujet dans son contexte, Mme Hamida Dridi nous as expliqué que presque tous les pays arabes ont signé la convention CAT (Convention Against Torture) mais les activistes de droits de l’Homme ont bel et bien constaté que les Etats ne respectent pas cette convention, ce qui les a poussés à créer le Protocole facultatif, à la Convention des Nations Unies, contre la torture (OPCAT). Ce protocole exige la formation d’un collectif de personnes ayant pour mission de visiter tous les établissements pénitentiaires à n’importe quel moment et sans préavis.   Notre interlocutrice nous a affirmé qu’en 2011, la Tunisie avait accepté de s’inscrire dans ce protocole, durant le gouvernement de Béji Caïd Essebssi et il a été prévu qu’après une année un comité serait créé pour visiter et s’enquérir de leur état effectif. Notons que ça fait un mois que l’Assemblée nationale constituante (ANC) a donné son accord pour la création de ce comité après l’étude du projet de loi. Le mécanisme national de prévention contre la torture sera constitué par 25 personnes, entre avocats, société civile et médecins. Ce groupe aura le droit d’accéder  aux prisons civiles et centres de détention sans préavis, il sera indépendant et sera financé par le gouvernement.

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