Le terrorisme à l’assaut du tourisme tunisien

©Euronews 2013

Tourisme de masse, précarité d’emploi, faibles entrées de devises, manque de visibilité du tourisme intérieur et concurrence avec d’autres marchés arabes et internationaux, tels sont les problèmes que rencontre le tourisme tunisien en crise qui, jusque-là était le pivot de l’économie tunisienne, après le secteur des services. Les responsables gouvernementaux n’ont pas encore trouvé la panacée pour résoudre ces faiblesses qui entravent l’essor du secteur, en dépit d’un considérable potentiel.

Et comme si cela ne suffisait pas, un nouveau problème épineux vient se greffer, à savoir le terrorisme. L’attentat-suicide survenu à Sousse, devant un hôtel, au-delà de sa signification criminelle, est un coup dur pour le tourisme tunisien, surtout qu’il ne s’agit pas du premier attentat : nous nous rappelons d’un certain 11 avril 2002 dont la Synagogue de Djerba avait été la cible. Un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs s’attaquait à ce lieu de culte juif tunisien, conduisant à un bilan très lourd : trente blessés et dix-neuf morts de différentes nationalités (allemande, tunisienne et française). La saison touristique de 2002 avait alors connu une chute considérable : baisse des prix des hôtels et régression du nombre des touristes.

Ce retour en arrière se justifie aujourd’hui par la ressemblance des deux cibles que sont Sousse et Djerba, deux villes touristiques phares. Du coup, le spectre d’une saison touristique morne et vouée à l’échec se dessine à l’horizon. 

A cet égard,  le politologue tunisien Riadh Sidaoui qualifie le tourisme tunisien de : « très fragile ; il suffit que le touriste entende le tir de trois ou quatre balles pour que le tourisme tunisien stagne ».

Un autre indice révélateur, bien compréhensible, est la panique qui s’est emparée des touristes résidant à l’hôtel à Sousse, ce qui a nécessité l’intervention et l’assistance de psychologues. De pareilles scènes donneront à coup sûr une très mauvaise image de marque de la Tunisie à l’échelle internationale.

Malgré la ressemblance entre l’incident de 2002 et celui de 2013, Mohamed Ali Toumi, le président de la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV), contacté par l’Economiste Maghrébin, se veut rassurant. Suite à l’attentat-suicide avorté, aucune annulation de réservation et/ou départ de touristes n’ont été enregistrés, contrairement à ce qui a été relayé par un certain nombre de médias.

De plus, le président de la FTAV a appelé, à travers sa déclaration, à « garder un esprit positif et à plus de vigilance de la part des professionnels du secteur touristique ».  Il a même refusé de donner son estimation sur les éventuelles pertes subies suite à cet attentat, tout en avançant qu’il est trop tôt pour parler de dégâts.

En tout état de cause, un énorme travail de communication devra être mis en place pour expliquer la situation du tourisme en Tunisie et rassurer les investisseurs et les agence de voyage.

Au-delà du danger qui guette le tourisme tunisien, l’observateur averti est en droit de se demander s’il est raisonnable  de se contenter de traiter les résultats du terrorisme par des solutions improvisées ou s’il ne vaudrait pas mieux remonter aux sources du mal, afin de sauver la dernière forteresse de l’économie tunisienne qu’est le tourisme.

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