Elyès Fakhfakh : « L’année 2014 sera plus difficile »

Elyes Fakhfakh

En marge de la conférence du ministre des Finances, l’anticipation faite par Elyès Fakhfakh pour 2014 n’est qu’une déduction de l’observation d’indicateurs économiques durant les neufs premiers mois de 2013, en comparaison avec la même période de 2012.

Des recettes grignotées

Les recettes fiscales ont augmenté de 8.3% durant les neufs premiers mois de 2013, en comparaison avec la même période de 2012. Cependant, cette évolution reste inférieure à celle prévue, estimée à 12% pour fin septembre. Cela a généré, en conséquence, un déficit des recettes fiscales de 440 millions de dinars (MD), concernant surtout la taxe sur la valeur ajoutée et les impôts sur la consommation. Les recettes non fiscales ont également enregistré une baisse, pour la même période. En fait, elles sont passées, pour les neuf premiers mois de l’année 2012, de 1942 MD à 1612 à la même période de 2013, soit une régression de 330 MD.
Les dépenses de développement, bien qu’ayant accusé une amélioration de 11% soit 213 MD en comparaison avec la même  période 2012, ont un niveau insatisfaisant car le budget de développement n’a été consommé qu’ à hauteur de 81% seulement, pour les investissement directs et 82% pour le financement public.

Le  budget complémentaire pour l’année en cours

Selon Elyès Fakhfakh, le projet du budget complémentaire pour 2013 prend en compte deux sortes de pressions : externes et internes, dans le contexte de « la politique de GO ».
Les pressions externes sont nombreuses, on en cite trois parmi les plus significatives. Tout d’abord, la révision à la baisse de la croissance mondiale, plus particulièrement celle de la Zone euro. Les conséquences s’en sont ressenties sur l’économie nationale, puisque le taux de croissance a également était revu à la baisse passant de 4.5% à 3.6%. Puis, M. Fakhfakh ajoute  la dépréciation du dinar tunisien vis-à-vis de l’Euro et du Dollar (jusqu’au 14 octobre, 1 dinar équivalait à 1.645 dollars et 2.234 euros). Enfin, la volatilité des cours internationaux du pétrole (le prix du baril oscille en moyenne entre 96.8 et 119 dollars; en septembre, le  prix moyen du baril était estimé à 109 dollars).
Les pressions nationales, ne se font pas moins sentir, surtout depuis que le groupe italien Eni a décidé de revoir à la baisse ses approvisionnements en gaz naturel algérien d’un tiers- ce qui a réduit l’apport des recettes non fiscales- et que la consommation nationale en électricité a également augmenté. En conséquence, les besoins en subventions ont été augmentés de 1314 MD (+100 MD pour les produits de base, +1214 MD pour les hydrocarbures et l’électricité).
Le projet du budget complémentaire inclut également l’augmentation de 400 MD pour la recapitalisation des banques publiques, selon les indications du Fond Monétaire International.
Concernant l’endettement, les ressources d’emprunt, pour l’année 2013 sont estimées à 6110 MD, contre 6871  MD prévus dans la loi de finances, soit un taux de réalisation de 90%. La différence s’explique, selon M. Fakhfakh par plus d’emprunts intérieurs (480 MD) et moins d’emprunts extérieurs ( 1187 MD), vu les retards de certaines réformes économiques. Ceci ramène à un taux de dette publique aux alentours de 47.2% contrairement au taux de 46.8%, prévu dans la loi de finances 2013.

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