Que va changer le 23 octobre 2013 ? Absolument rien, diront certains !

Que faut-il encore espérer à propos du démarrage du Dialogue national en écoutant les messages qui se veulent rassurants des hommes politiques ? « Le gouvernement doit partir », voici à quoi ont appelé des milliers de manifestants sur la place du Bardo, galvanisés par le scénario égyptien. Les manifestations n’ont pas eu l’effet escompté et la crise politique s’est enfoncée de plus belle. Alors que changera cette date du 23 octobre 2013 ? Certains diront que c’est une date fatidique, la rue marquera le destin de la Tunisie. D’autres diront que ça passera inaperçu, que le gouvernement fera des mains et des pieds pour temporiser (encore) et d’autres, beaucoup moins branchés sur la politique, exaspérés par les pourparlers qui n’en finissent pas, diront que le 23 octobre 2013, deux ans après, ne les concerne plus. Dans les rues, marchés, taxis, vous entendrez des paroles du genre : «  Mon seul regret c’est d’avoir voté » ou bien : «  C’était mieux avant ». En gros, les réactions de la rue ne reflètent que déception et insatisfaction. Aujourd’hui, les Tunisiens descendent encore dans la rue pour appeler au départ du gouvernement  évoquant un bilan gouvernemental mitigé, plutôt négatif. Un retour en arrière sur quelques faits marquants va de soi.

Le 23 octobre 2011 : l’appel des urnes

Les doigts bleutés par l’encre, les yeux émus, les files d’attente longues, les sourires nerveux, excités et fiers voilà comment s’est passée en gros la journée où tous les Tunisiens ont pu voter. Voter jusque-là était un acte presque méconnu de la plupart des gens, d’où des affiches expliquant la manière de le faire collés un peu partout dans les bureaux de vote. Les Tunisiens à l’étranger ou sur le territoire ont voté pour la première fois, pour élire une Assemblé constituante.

Les résultats du vote : Al Aridha crée la surprise

8633 bureaux de vote (BV) en Tunisie, 437 BV à l’étranger et un taux de participation de 49% (51% en Tunisie et 31% à l’étranger), selon la commission électorale. Les résultats définitifs des élections placent Ennahdha à la tête de l’Assemblée avec 89 sièges, le CPR, 26 sièges, Ettakattol 20 sièges. Ces trois partis formeront par la suite la Troïka. Cependant, le parti qui a créé la surprise était Al Aridha, en deuxième position, raflant 26 sièges annulés au début par l’ISIE puis recomptabilisés par le Tribunal administratif.

L’échec de la Troïka

Deux années ont passé depuis l’annonce des résultats définitifs des élections. La Troïka n’a pas su mener le pays à bon port. Outre la situation économique difficile, son bilan est négatif.

Assassinat de Lotfi Nagueth   : le 18 Octobre 2012, Lotfi Nagueth, un membre de Nidaa Tounes s’est fait lyncher par une foule de personnes réclamant leur appartenance aux ligues de protection de la révolution, controversées et considérées comme les « milices d’Ennahdha ».

 Des dates-phares  funestes

Le 6 Février, les Tunisiens se réveillent sur une nouvelle horrifiante :  Chokri Belaïd, fervent opposant d’ Ennahdha, a été tué par balles, alors qu’il sortait de chez lui.  L’IRVA, menant alors sa propre enquête, en a conclu que ce meurtre aurait pu être évité. Le 25 Juillet un autre opposant, Mohamed Brahmi, est abattu par balles devant chez lui. Quatre jours après, huit militaires ont été tués et trois autres blessés au mont Chaambi, par un groupe terroriste appartenant à Al Qaïda.

C’est alors que le pays sombre dans une crise politique sans précédent et les mouvements contestataires montent appelant le gouvernement à démissionner. Le Dialogue national, initiative du quartet, se veut comme une sortie de crise mais son démarrage ne peut se faire sans le départ du gouvernement. En attendant le pays vit encore sous tension.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here