Quand les terroristes sifflent la fin de la récréation

Ils l’ont promis, ils l’ont fait. Les terroristes ont sifflé la fin de la récré. Dans une seule semaine, une tentative d’attaque de deux postes de la Garde nationale à El Mila et Fej Hassine (Jendouba) et deux agents de la Garde nationale, dont un chef de poste, tués et un autre blessé à Goubellat (Béja). Le scénario ressemble à celui du Mont Chaâmbi ou de Rouhia (Centre) et à d’autres.

Le terrorisme est arrivé à nos portes et gangrène le pays. Après des mois de frappes à Chaâmbi, les terroristes, qu’on attendait sur nos frontières,  sont arrivés à quelques kilomètres de Tunis, la capitale. Qu’est-ce qui  leur a permis de conquérir, sans coup férir, de nouveaux kilomètres en se rapprochant de la capitale ?

D’une violence fulgurante, les attaques terroristes ont un point commun. D’abord, après chaque opération, les assaillants, invisibles et lourdement armés, filent, fuient, traversent les forêts et s’échappent enfin !

Ces attaques seraient bien calculées, orchestrées et soigneusement préparées. Leur nombre augmente et coïncide, à chaque fois, avec une fête ou un événement national. N’oublions pas que l’assassinat du député M. Brahmi a eu lieu le 25 juillet, jour de la fête de la République : tout un symbole. Deux jours avant l’Aïd Il fitr, huit soldats tunisiens ont été tués à Chaâmbi. La dernière en date, celle de Goubellat  a eu lieu le troisième jour de l’Aïd El Idha.

Encore sous le choc et sans horizons clairs et soumis aux chantages des politiques, les Tunisiens craignent le pire et perdent de plus en plus de vue leur pays et leur confiance en lui. Après la longue attente du dialogue national, qui a mis à rude épreuve la patience des Tunisiens, de mauvaises nouvelles viennent d’ici-de-là. Alors que le blocage du dialogue persiste et juste à quelques heures de son coup d’envoi, deux Tunisiens ont été assassinés de sang froid.

Sans illusions, les surenchères politiques ont abouti à l’aggravation de la crise économique et à la détérioration de la situation sécuritaire.  Quant à la formation de l’ISIE, les élections, le dialogue national : tout reste encore à faire.

Faute de volonté, la classe politique, en récré depuis longtemps, a laissé faire. Sa faiblesse et son manque de caractère ont aussi renforcé l‘audace des terroristes à franchir toutes les lignes rouges. Les politiques ont, peut-être, oublié les intérêts vitaux de la nation. La vie de nos soldats et nos agents de la Garde nationale tués aurait pu être sauvée si l’Etat avait fait montre de davantage de détermination.

La classe politique, tous partis confondus, va devoir désormais résoudre ce micmac et penser au sort du pays et le sortir de sa crise. Faudra-t-il une nouvelle attaque pour que les partis politiques comprennent que le terrorisme est à deux pas ?

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