Enquête du bureau Zogby International : la chute de popularité d’Ennahdha se poursuit

Selon une enquête réalisée par  le bureau de consulting Zogby International, le Mouvement Ennahdha n’a pas pu satisfaire une bonne partie des citoyens (du moins ceux qui étaient interrogés). Selon cette enquête, deux ans après la révolution, Ennahdha, à la tête du gouvernement actuel, présente un bilan plutôt négatif : violences politiques, contrebande, situation sanitaire, économie.

Cette chute de popularité dans les sondages s’est considérablement accentuée après les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Cette enquête vient corroborer celle publiée le 13 août 2013, et présentant des résultats similaires, réalisée par Gallup world, cabinet de conseil américain. Selon cette dernière étude, « la confiance des Tunisiens en leur gouvernement islamiste s’est érodée », l’érosion se poursuit en 2012 et le mouvement Ennahdha n’a pas réussi à redresser la barre. Seuls 32% des sondés continuent à croire au gouvernement, en mai 2013, contre 56% pour la même période de 2012.

Une révolution déroutée

L’étude de Zogby International, réalisée sur un échantillon trois fois plus important que celui de Gallup world, soit sur  3031 personnes sondées, entre le 4 et le 31 août, reflète la crainte continue des Tunisiens quant à leur avenir.

L’espoir ressenti deux ans et demi auparavant et le rêve d’un avenir prospère, suite aux événements du 14 janvier, semblent s’être évaporés. Il y a deux ans, 94% des participants à l’enquête avaient déclaré qu’ils s’attendaient à un avenir meilleur, qu’ils étaient plein d’espoir. Deux ans et demi après, le constat est amer. Ce pourcentage a été réduit de plus de la moitié, car seulement 39 % des sondés continuent à y croire. Loin de tout effet de surprise, 90%  de ces  39% sont des sympathisants d’Ennahdha.

La révolution pour les moins optimistes (ou les plus réalistes) a pris le mauvais chemin. Concrètement, 64% des participants se sont déclarés insatisfaits du cours des événements contre 27% (dont 88% sont des sympathisants d’Ennahdha) qui considèrent que la révolution n’a pas été déroutée, bien au contraire, qu’elle est dans la bonne direction. Il faut croire que cette frange est la moins concernée par le rapport « World happiness report »  de l’ONU qui classe les Tunisiens dans la catégorie des peuples malheureux au Maghreb.

Cependant les partisans d’Ennadha ne sont pas majoritaires. En effet, sur les 3031 personnes interrogées, seulement 841 croient encore au gouvernement, soit 28% contre 72% qui ont perdu toute confiance. Les sympathisants du gouvernement au pouvoir font également confiance aux partis de la coalition, à savoir le CPR et Ettakatol ou encore aux mouvements salafistes. Une confiance non réciproque, car les partisans du CPR par exemple ne sont pas enclins à donner du crédit au gouvernement actuel. Ce qui fait du parti Ennahdha «  un parti isolé, même de sa base et de ses partenaires », mentionne le rapport.

L’insatisfaction partagée par bon nombre de personnes est le résultat de l’inefficacité du gouvernement dans la gestion des dossiers préoccupants. Le rapport donne des pourcentages « d’insatisfaits » dans le rouge pour : la sécurité pour tous les citoyens (54%), la protection des droits de la femme (60%), la lutte contre la corruption (63%) et le terrorisme (67%), la finalisation de la Constitution (63%), la création d’emplois (68%), la protection des droits civils (68%) ou encore l’amélioration du coût de la vie (75%), des résultats confirmant ceux de Gallup world.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here