En attendant le Dialogue national

Démarrera, démarrera pas ? Telle est la question posée à propos du dialogue national . La lenteur des pourparlers  et les doubles discours imputés surtout au mouvement Ennahdha  exaspèrent  les Tunisiens  et  nuisent à l’économie du pays. Ce n’est donc pas un hasard si l’enquête menée par le cabinet de consulting américain Zogby International, entre les 4 et 31 août 2013, montre « une frange électorale profondément insatisfaite et une société extrêmement polarisée ».

Depuis le meurtre de Brahmi, le 25 Juillet, le dialogue national peine à démarrer, nous laissant presque croire à l’impossibilité de son démarrage. Le Tunisien moyen, pris entre une réalité économique déplorable  et des tractations politiques qui n’en finissent plus , ne s’y retrouve plus.

Tout le monde a signé ?

21 partis ont  finalement signé la feuille de route du quartet dont le parti « majoritaire » Ennahdha. Des préparatifs au dialogue qui n’auraient pas pourtant plu à tout le monde. Quelques partis s’étant abstenus de signer comme le CPR  ou encore le Courant El Mahabba. Même au sein d’Ennahdha, accepter de signer la feuille de route n’a pas fait l’unanimité. Le conseil de la Choura, ayant publié le 6 octobre 2013 un communiqué, après deux jours successifs de réunion, avait appelé à la non dissolution de la Constituante ni du gouvernement actuel. Une position, en déphasage complet avec les propositions de la feuille de route qu’a pourtant  signée Rached Ghanouchi , stipulant que «  le gouvernement actuel doit obligatoirement présenter sa démission dans un délai maximum de trois semaines à compter de la date du démarrage du dialogue». Chose impensable également pour les 113 députés de l’Assemblée constituante ayant signé une pétition qui est semble- t-il  « en contradiction avec la feuille de route du Quartet » note un article du quotidien Le Temps. Certaines parties politiques se disent également préoccupées par «  la lenteur qui caractérise les négociations relatives au processus d’application de la feuille de route » et «  appellent à l’accélération de l’annonce officielle de son démarrage », peut-on lire sur le communiqué des députés retirés. Rendu public, le 9 octobre 2013, le communiqué confirme également « l’attachement de ces députés à l’initiative des parrains du dialogue national et à sa feuille de route, au respect de son contenu comme du calendrier qu’elle comporte, afin que soit endiguée la crise dans laquelle s’est enfoncé le pays depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi ».

Pour Hichem Hosni, également député retiré, croire au dialogue national est toujours de mise , « le dialogue devrait commencer les 17 ou 18 octobre » jugeant qu’un bon démarrage «  ne peut avoir lieu sans avoir régler le problème juridique au niveau de l’ISIE car cela constitue le premier point de la feuille de route. Sans quoi, on ne peut parler de dialogue national ». Ce ne serait donc pas le communiqué du conseil de la Choura, ni la pétition des 113 députés qui entravent  le démarrage du dialogue puisque «  les représentants d’Ennahdha ont confirmé qu’ils vont respecter la feuille de route, le reste ne sont que des problèmes en interne ».Bien qu’en maintenant le double discours , imputant les retards du démarrage aux révélations de l’IRVA, « la réalité a obligé Ennahdha et les autres partis politiques à se mettre autour de la même table », car seul le démarrage du dialogue pourra «  apaiser les inquiétudes de l’opinion publique », estime t-il.

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