Libye, la montée des périls

La capture du Premier ministre libyen Ali Zeidan, par un groupe d’anciens rebelles, traduit l’implosion de fait du pays. Le pouvoir post révolution n’a pas pu s’assurer le gouvernement du territoire et désarmer les milices. Seigneurs de guerre, bandes armées, potentats, chefs de quartiers, ce fractionnement reconstitue le « stateless society » (la société sans Etat) d’antan, qui dominait en Afrique subsaharienne et bien au-delà. Mais les contre pouvoirs des différentes entités tribales assuraient alors, tant bien que mal, l’équilibre d’entente ou de forces, au sein de la société segmentaire. Dans le cas libyen, l’inégalité des rapports de forces, entre les dirigeants des différents fiefs instaurait l’anarchie et mettait la Libye, en marge de l’aire monde.

L’attaque du pouvoir central, qui devait théoriquement détenir la responsabilité de la violence légitime, l’ultime autorité de recours, constitue la grave dérive durant le processus de la transition. Le « printemps arabe » est ainsi sérieusement affecté par l’insécurité, les risques d’instabilité, l’anarchie, les positions de surenchère, les accommodements des affaires juteuses et hors droit, qui les accompagne.  Ce retour du refoulé, de la assabiya tribale (esprit de clan),  a remis en cause la gouvernance, sensée être corrigée par l’habilitation citoyenne.

Le premier ministre libyen a été libéré. « La blessure guérit, mais la cicatrice demeure », disait La Palice. Dans ce cas, d’atteinte aux prérogatives de l’Etat, d’auto-justice de groupe, de transgression de l’ordre, la blessure de l’épreuve ne se guérit pas. Ce défi ultime de l’insécurité affecte, bien entendu, les pays du voisinage, les projets des « transitions démocratiques« , les discours de l’espoir et de la promotion. Ne faudrait-il pas songer à la tenue d’une tenue d’une réunion de l’UMA, pour faire face à cette instabilité offensive, identifier un diagnostic de guérison et organiser, pour son application, une mobilisation solidaire.

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