Le FTDES lance son nouveau projet : l’Observatoire social tunisien

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDS) a organisé une conférence au cours de laquelle il a présenté son rapport d’activité et annoncé son nouveau projet : l’Observatoire social tunisien. Son objectif : coordonner les actions des associations civiles, jusque -là développées anarchiquement, pour une meilleure insertion des problèmes sociaux au cœur du débat national.

Des problèmes sociaux, encore non résolus

L’ensemble du rapport présenté par le FTDES énumère un bon nombre d’événements qui ont marqué la scène politique et sociale tunisienne, au cours de la période post révolutionnaire.

De l’usage de bombes lacrymogènes périmées à Siliana, à la précarité et la pollution à Ouled Nssir, en passant par le non-respect des droits socio-économiques des femmes travaillant dans le secteur du textile à Monastir, l’immigration clandestine, les disparus en mer, le désastre écologique de la baie de Monastir… Tous ces événements ont plus d’un élément en commun. A commencer par les enquêtes diligentées par le FTDES et les actions judiciaires qui n’ont pas encore abouti.

Les Tunisiens disparus en mer, un dossier de guerre

La dernière vague d’émigration par voie maritime a encore fait des victimes : près de l’île de Lampedusa, le naufrage d’un bateau de 500 passagers de migrants africains,  principalement des Somaliens et des Erythréens qui se dirigeaient vers le Sud de l’Italie et l’Europe. Le  bilan officiel pourrait s’élever à 360 victimes. Un mandat d’arrêt a été émis contre le passeur tunisien Khaled Ben Salem.

Nicanor Hanon, militant des droits de l’Homme, n’hésite pas à comparer l’immigration clandestine à une situation de guerre, car «  dans une guerre il y a des morts, des disparus et des prisonniers,  une situation semblable à celle de l’immigration clandestine », affirme-t-il.

Le rapport entre la protection des frontières et le nombre de migrants est proportionnel.  En effet, moins d’octroi de visas et plus de sécurité aux frontières n’ont pas abouti à moins d’immigration clandestine.

Ainsi, le rapport du FTDES pour 2012 note que, malgré l’imprécision des chiffres (130 migrants ayant traversé le canal de Sicile, selon l’agence européenne de contrôle des frontières FRONTEX), la situation est nettement meilleure qu’en 2011 (plusieurs dizaines de milliers  à entrer en Europe). « Cependant les accidents, décès et disparitions sont restés nombreux », élevant «  le nombre de disparus pour l’année 2012 à 350 personnes et le nombre de morts à plusieurs dizaines de personnes ».

De plus, la situation des émigrés à terre n’est pas meilleure. De nombreux réfugiés du camp de Choucha se sont retrouvés en situation irrégulière, notamment sans carte de séjour ou sans possibilité de renouvellement. « Certains ont même été expulsés, alors que la procédure de renouvellement était en cours », dénonce M. Hanon, appelant les autorités à régulariser leur situation, « surtout que des Tunisiens se retrouvent dans la même situation en France ou en Italie ».

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