Ali Zidan, Premier ministre libyen en visite de travail au Maroc : priorité à l’économie

Développer les échanges entre la Libye et le Maroc. La question est au centre des entretiens du Premier ministre libyen, Ali Zidan, qui termine aujourd’hui une visite de travail et d’amitié au Maroc (6-8 octobre 2013).  Il rencontre précisément à Casablanca des membres de la Confédération Générale des Employeurs du Maroc (CGEM). 

Le Premier ministre libyen, Ali Zidan, a entamé dimanche 6 octobre une visite de travail et d’amitié au Maroc. Elle doit se poursuivre jusqu’à aujourd’hui, mardi 8 octobre.

Il s’agit de la seconde visite d’un Premier ministre libyen au Royaume chérifien depuis la victoire des révolutionnaires en Libye, en octobre 2011. Abdelrrahim El Kib, le prédécesseur d’Ali Zidan, avait en effet effectué une visite au Maroc en août 2012.

Une visite consacrée pour l’essentiel, comme l’actuelle visite d’Ali Zidan, au volet économique. La délégation libyenne conduite par Ali Zidan devra rencontrer, aujourd’hui, à Casablanca, la capitale économique du royaume alaouite, des membres de la Confédération Générale des Employeurs du Maroc (CGEM), sa présidente Meriem Bensalah Chakroun en tête. Une réunion qui verra la signature de projets de coopération entre les deux pays.

Le Maroc et la Libye, qui ont connu une chute dans les échanges de 49%, cherchent depuis 2011 à développer les échanges économiques qui connaissent, par contre, un saut qualitatif : les échanges sont passés de 353 millions de dirhams marocains (environ 70,2 millions de dinars tunisiens) en 2011 à 902 millions de dirhams (environ 180 millions de dinars tunisiens) en 2012.

 Développer une liaison maritime directe

Le Maroc importe de Libye essentiellement des hydrocarbures, du soufre brut, de l’ammoniaque, des lubrifiants et des graisses industrielles. La Libye achète, pour sa part, et pour l’essentiel, des câbles électriques, de l’acier laminé, du thé, du café et des produits de la pêche.

On se souvient que les deux pays avaient signé, en juin 2012, un mémorandum d’entente sur la coopération industrielle. La Libye et le Maroc cherchent, dans ce cadre, à développer une liaison maritime directe, qui devait être effective en septembre 2013. Un projet qui serait capable d’écourter les distances entre les marchés des deux pays, soit rallier les ports des deux pays en quelques jours seulement contre trois semaines actuellement.

Autre sujet qui a été au centre des entretiens d’Ali Zidan avec le roi du Maroc, Mohamed VI, la situation dans la région et notamment les moyens de relancer le processus de l’UMA (Union du Maghreb Arabe), dont les deux pays sont membres. Avec son homologue marocain, Abdelillah Benkirane, Ali Zidan devait, dans ce cadre, évoquer la sécurité dans la région menacée par le terrorisme et l’immigration clandestine : les événements de Ceuta et Mililla des 17 et 18 septembre 2013, côté marocain, et de Lampedusa du 2 octobre 2013, côté libyen, sont là pour le prouver. Les immigrants clandestins subsahariens sont une réalité dans les deux pays, devenus des points de passage centraux vers l’Europe. La délégation libyenne comprend notamment, outre les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mohamed Amhamed Abdelaziz, de l’Economie nationale, Mustapha Mohamed Abou Founas, le ministre de l’Intérieur, Sadik Abdelkarim.

Des entretiens jugés des plus fructueux et encourageants, depuis que les relations entre les deux pays se sont largement améliorées avec la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

On sait, à ce propos, que les relations maroco-libyennes n’ont pas été un long fleuve tranquille. La Libye a contrarié plus d’une fois le Maroc en apportant un soutien militaire et diplomatique au Front Polisario, qui revendique les provinces méridionales du royaume, évacuées par l’Espagne en 1975.

Les relations entre le Maroc et la Libye ont été même par moments difficiles. Le roi Hassan II (1929-1999) raconte dans un livre publié, à Paris, en 1993, aux éditions Plon (Hassan II, La mémoire d’un roi), comment le colonel Kadhafi a pratiqué « une guerre ouverte » à l’endroit du souverain, au sommet arabe de Rabat, de décembre 1969.

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