Le consensus pour contrer le terrorisme et ranimer l’économie

Le palais des Congrès de Tunis a été, au matin du 5 octobre, le théâtre de scènes de délivrance. Après deux mois de pourparlers pénibles et de discussions interposées  entre le quartet et l’opposition d’une part, et  le quartet et la Troïka ( Ennahdha, Ettakatol et le CPR) de l’autre, les rivaux ont enfin accepté de signer la feuille de route. Laquelle vient inaugurer et organiser le cours du dialogue national qui mènera enfin au consensus.

Au total, des représentants de 21 partis ont signé la feuille de route initiée par le quartet parrainant le dialogue national. Trois autres, les représentants du CPR, de Tayyar Al-Mahabba ( Le courant de l’amour) et du Courant de la Réforme et du Développement ont refusé de signer. Peu avant la signature et les allocutions des trois présidents, d’amères tractations de dernière minute ont amené le quartet (UGTT, UTICA, Ordre des avocats et LTDH) à modifier le texte de la feuille de route, en exigeant l’achèvement « obligatoire » des travaux de l’ANC dans un délai ne dépassant pas les quatre semaines, tout en laissant le soin de préciser la date du départ du gouvernement lors du dialogue national. Avec les résultats de ce dialogue, Ali Laârayedh, rassurant ses auditeurs, a promis « d’interagir positivement », sans oublier de demander à tous d’apaiser le climat social et médiatique. Mustapha Ben Jaâfar a, quant à lui, estimé que « la table du dialogue n’est pas un choix mais une obligation ». Dans une allocution lyrique, rappelant «  les revendications de la révolution et le sang des martyrs, victimes d’oppression et de terrorisme », le président de l’Assemblée nationale constituante a en effet insisté sur « le consensus comme seule manière de vaincre les ennemis et détracteurs de la  Tunisie et de son expérience ».

Dans la même veine, le président de la République a rappelé le péril terroriste guettant le pays et qui demeure toutefois sous contrôle. Mais le souci de Moncef Marzouki s’est plutôt porté sur l’économie « qui se trouve dans une situation de quasi-paralysie ».

C’est que, en plus des menaces terroristes et de l’instabilité sécuritaire, le dossier économique a été le catalyseur de la convergence vers le dialogue national. Avec l’ensemble des indicateurs économiques virant vers le rouge et le mécontentement général de la communauté des économistes, l’urgence était d’œuvrer à apaiser les tensions politiques qui ont gravement nui au climat des affaires et au niveau de vie des citoyens.

Intervenant hier soir sur la chaîne britannique BBC, l’analyste Alaya Allani a estimé que le dossier économique sera le plus grand défi du gouvernement de compétences nationales qui devra bientôt succéder au gouvernement provisoire d’Ali Laârayedh.

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