La Caisse générale de compensation (CGC): à quand la réforme ?

« Le régime de subvention des carburants n’est pas équitable et doit être réformé ». C’est le bilan d’une étude préparée par l’Association des économistes tunisiens. « Il est inéquitable », déclare le professeur  Abderrahmane EL LAHGA , devant un auditoire composé  d’économistes et de journalistes.

Pour lui la gravité de la conjoncture économique impose analyse et réforme précises.

Pour placer le sujet dans son contexte, le président de l’association a expliqué que cela fait deux ans que son association alarme sur la gravité de la situation économique et la nécessité d’un gouvernement de compétences : «  Mais nous avons préféré faire profil bas, étant donné que nos recommandation sont restées lettre-morte». Et d’ajouter « Nous avions malheureusement raison ».

Subventionner jusqu’à quand ?

Abderrahmane EL LAHGA  affirme que continuer de défendre la CGC n’est qu’un stratagème pour réaliser des fins politiques ou électorales. Plusieurs indices ne laissent pas indifférents dont l’envolée des prix du pétrole qui remet en cause la teneur de cette politique adoptée jusqu’à maintenant.  La Tunisie débourse  en subventions environ  3300MD (4% du PIB) consacrées aux produits énergétiques et 1100 MD aux produits de base. Tous ces chiffres, selon M. EL LAHGA,   amènent à se demander jusqu’à quand cela peut-il durer ?

Une Caisse de compensation qui ne profite pas aux pauvres

L’économiste s’inquiète de constater que la classe la plus défavorisée, qui est censée être la première bénéficiaire de cette caisse, ne l’est pas en vérité puisque seulement 25% bénéficie de la subvention sur le diesel, 9% seulement  de la subvention sur le pétrole. De même, la classe moyenne ne bénéficie pas assez de cette caisse, contrairement à la classe aisée dans laquelle on retrouve les industriels, les hommes d’affaires et plusieurs catégories professionnelles qui, à titre d’exemple, bénéficient à hauteur de 40% de la subvention du pétrole.

Préparer un terrain favorable à la réforme

Certes, parler de réformes est une chose accessible, mais le conférencier a mis l’accent sur les clés, voire les chemins qui mènent à la réussite des réformes. La solution réside dans le rétablissement du climat de confiance entre le pouvoir exécutif et les agents économiques. La confiance semble le maillon  faible de cette équation. M. EL LAHGA  a rappelé  l’impossibilité de mettre en œuvre une réforme en l’absence de confiance mutuelle. La bonne communication est aussi l’un des critères de cette réforme, mais que faire si «  nos décideurs  communiquent mal  », s’interroge-t-il.  D’autre part, une démarche participative est à envisager.
Rejetant l’esprit d’exclusion, un débat national doit être ouvert: «  Il ne concerne pas uniquement l’UTICA, l’UGTT mais tous les partenaires sociaux, la société civile et les universitaires, etc. »

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