2-2 : Le FMI veut aussi un remaniement de la gouvernance économique et financière

Les autorités financières sont-elles capables de continuer à mener le programme de réformes structurelles ?

Les risques graves et sévères et qui nécessitent, selon le FMI, une action imminente pour que le gouvernement au pouvoir soit à la hauteur de son engagement réformiste, afin d’assurer la continuité des versements des tranches restantes du prêt de précaution conditionné, sont liés à deux facteurs majeurs : le premier tient au mode de gouvernance des dossiers économiques, financiers et sociaux qui s’est caractérisé par une dérégulation et une exclusion institutionnelles remarquables, notamment au niveau du traitement des dossiers sensibles à l’instar de la gestion du budget de développement qui n’a été utilisé qu’à hauteur de 17% à fin juin 2013, malgré un rythme frénétique où le gouvernement a sollicité et obtenu vingt-six crédits en l’espace d’une seule année.

Le deuxième facteur qui concerne la détérioration de la qualité de vie des Tunisiens puisque depuis le 1er janvier 2012, l’indice des prix ressenti à la consommation familiale a pris 2,1 points de pourcentage pour que l’inflation devienne généralisée et galopante, au risque d’atteindre un taux de pauvreté  frôlant les 40%. La note souveraine qui s’est dégradée à B et le Dinar qui s’est déprécié durant 2013, par rapport à l’Euro et le Dollar U.S (-10 et -6%) pourraient aboutir à une dévaluation certaine de la monnaie nationale.

Le redressement de la barre pour réussir les réformes reste encore possible pour que l’économie tunisienne se rétablisse de ses maux, selon l’institution internationale, à condition de garantir la stabilité politique, l’instauration des règles de bonne gouvernance, le regain de la sécurité, et la gestion saine du climat social ce qui permet de remédier les problèmes du manque d’investissement dans les infrastructures, de la faiblesse de la synergie entre les secteurs public et privé et ce, dans l’objectif de lutter contre les disparités sociales et régionales et du chômage de façon à ne pas entraver pas entraver la croissance économique au niveau national. L’infrastructure actuelle des télécommunications, des aéroports et des ports est faiblement suffisante, mais les investissements dans les infrastructures, telles que l’augmentation de la capacité et l’efficacité des ports ciblée, va stimuler la croissance par l’augmentation du commerce international.

Baisse de l’activité économique due au terrorisme et à la crise politique

Activite-economique-terrorisme-l-economiste-maghrebin

Source : Institut Arabe des Chefs D’Entreprises, CTVIE, août 2013

Par ailleurs, plusieurs propositions ont émané de la part d’experts, de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, de l’Association tunisienne des économistes, du Centre tunisien de veille et d’intelligence économique et de la centrale patronale tunisienne (UTICA) qui a suscité l’intérêt de l’ensemble des acteurs de l’économie et de la finance. Les plans proposés se sont articulés autour de l’exigence de l’établissement d’une politique de rigueur, de l’importance de la lutte contre les facteurs d’amplification de fragilité systémique du secteur bancaire tunisien, de la nécessité de la redynamisation des échanges du pays avec ses partenaires stratégiques en l’occurrence la France et l’UE et de la répression du terrorisme qui se finance de contrebande, du secteur informel, du blanchiment, de dons suspects provenant de l’étranger et dont l’impact sectoriel s’élèverait en 2013 à quatre milliards de dinars.

Pour ce qui est de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat appuyée par la principale centrale syndicale, l’UGTT, l’adoption d’une feuille de route claire et précise, en vue d’aboutir à des élections crédibles et transparentes sous surveillance étrangère constitue la garantie ultime pour concrétiser tout programme de réformes structurelles en partenariat avec le FMI, d’une manière particulière et avec les instances financières internationales, en général.

La centrale patronale tunisienne a insisté sur les volets de communication de manière professionnelle, sur l’état réel et objectif de l’économie tunisienne, afin de rassurer les bailleurs de fonds sur la capacité du pays à tenir ses engagements et de la révision du système fiscal pénalisant, gravement, l’activité des entreprises aussi bien locales qu’étrangères, tout en appelant le gouvernement au rétablissement de l’autorité dans les structures en charge des services publics et à la gestion des carrières par les compétences.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here