1-2: Le FMI veut aussi un remaniement de la gouvernance économique et financière

Une délégation du Fonds monétaire International vient d’effectuer une visite en Tunisie fin septembre 2013 dans le cadre de l’évaluation de l’avancement du programme des réformes structurelles initié par les autorités tunisiennes au pouvoir, ayant obtenu le 7 juin 2013 l’accord pour un déblocage conditionné d’un prêt de précaution d’un montant global de 1,74 milliard de dollars U.S soit environ 2,87 milliards de dinars tunisiens et après avoir bénéficié d’une première facilité de 150 millions de dollars US, et ce, dans le but de soutenir la transition, de dynamiser la croissance et de stabiliser l’économie par la mise en place de huit révisions fondamentales comprenant, notamment, des réformes sur le plan budgétaire et celui de la croissance inclusive.

A la fin de la mission, le département de la communication du FMI a rendu public un communiqué basé sur une déclaration de la part de Monsieur M. Amin Mati, chef de mission en Tunisie et directeur-adjoint Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, où il a insisté sur les larges contacts qu’il a eu avec les autorités, les acteurs du monde des affaires et de la finance et les acteurs influents de la société civile pour estimer que  la reprise de l’économie tunisienne s’est poursuivie à un rythme plus faible que prévu, les risques qui pèsent sur l’économie tunisienne s’accentuent en raison de la crise politique actuelle et des récentes menaces sécuritaires  et que les échanges entre le pays et ses principaux partenaires se détériorent.

 Vision globale

Entre les lignes du communiqué, on comprend, d’une manière claire, que la prestigieuse institution financière internationale a essayé de rappeler qu’elle œuvre depuis des années à rénover ses schémas d’appui avec des exigences qui pourraient contribuer à la diminution des inégalités entre les différentes classes sociales, à mieux répartir les richesses, et à établir un système de bonne gouvernance, sans que cela ne constitue en aucun cas une forme d’ingérence ou d’interférence dans les affaires internes des pays et, à ce titre, son intervention en Tunisie s’inscrit  dans ce cadre. Néanmoins, on peut facilement aussi saisir que l’institution a émis plusieurs réserves quant aux politiques adoptées actuellement au niveau de la gestion des équilibres généraux des finances publiques, des fondamentaux de l’économie tunisienne et de la stabilisation du système financier pour attirer l’attention sur la nécessité de déployer des efforts beaucoup plus soutenus sur ces plans: les propos de M. Amin Mati étaient objectifs, fondés sur la réalité des chiffres illustrant un gap conséquent entre les objectifs et les réalisations et sincères, au vu de son appel à une meilleure quantification et couverture des risques qui planent sur le pays.

Bien évidemment, l’évaluation s’est concentrée sur l’observation des limites concernant les marges de manœuvre budgétaire et extérieure, la non-atteinte des objectifs en termes de croissance dont le taux déclaré est de 3 %  au terme du premier semestre de l’année en cours,  la détérioration du climat des affaires puisque les soldes des opérations en capital et financières ont fléchi à fin juin de l’année courante de 45,3% pour se situer à 2038,8 Millions de Dinars, la faible couverture des engagements à court terme par les avoirs nets en devises qui est de 76,8%, vu la détérioration de la position extérieure globale de la Tunisie de 7,9 milliards de dinars sur l’année 2012 et les déficiences du système bancaire dont le risque de transformation s’est aggravé de 11,6 points de base durant ces derniers mois avec un ratio de couverture du risque de crédit ne dépassant pas 10,7% pour les banques cotées.

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Position du Fonds Monétaire International

Comme précisé précédemment et selon les précisons multiples des hauts responsables du FMI, la mission principale de l’institution a connu en 2009 une refonte totale pour se concentrer sur la stabilité financière des économies des pays, d’œuvrer en faveur d’un emploi élevé et d’une croissance économique durable pour faire reculer la pauvreté dans le monde. Le mandat du FMI s’étend à la surveillance de l’ensemble des questions macroéconomiques et financières des pays, à la réduction de la vulnérabilité aux crises économiques et financières et à l’amélioration des niveaux de vie. Le FMI évalue régulièrement les perspectives économiques et des marchés financiers ainsi que l’évolution des finances publiques.

Le mandat du FMI couvre aussi l’assistance financière: les financements donnent aux États membres l’appui qui leur est nécessaire à travers des programmes économiques et sociaux élaborés par les autorités nationales qui sont appuyées par les services du FMI, les concours financiers restent subordonnés à la réalisation effective du programme. Plus récemment, le FMI a modifié ses instruments de prêt de manière à offrir des outils souples de prévention des crises.

En dépit de la valorisation du chef de mission du FMI, des efforts déployés par l’ensemble des acteurs influents, à ce niveau, pour assurer la  stabilité économique et financière du pays, il a évoqué la gravité des risques éventuels pouvant bloquer le processus des réformes et qui sont en rapport, principalement, avec l’impasse politique et constitutionnelle, l’insoutenabilité budgétaire et extérieure actuelle qui est essentielle pour préserver la stabilité macroéconomique, le manque de  confiance des investisseurs et le faible volume disponible des réserves de change permettant de faire face à des chocs exogènes éventuels.

D’une manière explicite, il a été demandé aux autorités, pour assurer la concrétisation du programme des réformes structurelles et faire valoir en conséquence leurs droits de titrage sur l’instrument d’ajustement accordé pour le principe, de procéder à des actions immédiates et urgentes, nécessaires pour préserver les fondamentaux de l’économie qui pourraient s’écrouler et soutenir, sans délai, le développement du secteur privé tout en renforçant les assises financières du secteur bancaire. Toujours est-il que la mission a assuré que le FMI reste pleinement déterminé à appuyer la Tunisie, à travers son concours financier et ses conseils en matière de politique économique et financière.

La deuxième partie de l’article sera publiée demain sur notre site

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