Plénière à l’ANC : le gouvernement s’exprime sur les difficultés économiques

Pour faire le point de la situation de l’économie nationale, l’Exécutif a mobilisé aujourd’hui l’intégralité de son équipe économique. Le gouverneur de la Banque centrale, le ministre des Finances, le ministre du Développement et de la coopération internationale, ou encore le ministre du Commerce, se sont tous tour à tour prononcés en plénière devant les députés de la Troïka et leurs alliés.

Dans une allocution intégrale portant sur l’économie budgétaire, Elyes Fakhfakh a tenu à rectifier le tir. Se désolidarisant du terme de l’ « austérité », le ministre des Finances a préféré parler de « rationalisation, d’orientation et de contrôle des dépenses de l’Etat ». Depuis la révolution, les dépenses salariales ont en effet augmenté de 50% et les charges des subventions ont déraillé augmentant de 400%. Et c’est bien par ces dérapages qu’Elyes Fakhfakh a expliqué « le déséquilibre structurel de l’équation budgétaire du pays » qui a dépassé les 4000 milliards de dinars. Pour remédier à cette défaillance majeure, le ministre a préconisé un ensemble de réformes qui s’avèrent de plus en plus urgentes. Le but en est de réduire « l’iniquité budgétaire » et « l’injustice sociale ». En effet, ce sont uniquement 400 entreprises parmi les  109.000 PME du pays, qui assurent à elles seules 45 % des recettes fiscales. Il n’est pas moins urgent, selon ses dires, de trouver des solutions immédiates au casse-tête de l’économie parallèle qui est entrain de résorber les ressources du pays et sa masse monétaire.

Intervenant pour ce qui est de la politique monétaire du pays, le gouverneur de la Banque centrale a confié ne pas disposer d’assez de marge de manœuvre.  Pour lui, la dépréciation du dinar, « n’est pas si alarmante qu’on l’annonce » (puisqu’on a souvent l’habitude de la comparer à des monnaies trop fortes). La BCT n’interviendra que de façon minimale pour rectifier les fluctuations, Chedly Ayari  affirmant ne pas vouloir sacrifier « les 104 jours de réserves de devises » pour l’achat de dinars. Mais au delà de la performance du dinar et de la fluctuation « qui est en train de se réduire de mois en mois », toutes les préoccupations du gouverneur se sont plutôt portées sur l’opacité de paysage politique. «  Durant un récent déplacement au Japon, les trois quarts des questions des Nippons ont  porté sur la politique », a-t-il confié. « Durant la prochaine rencontre avec les responsable du FMI à Washington, nous devons apporter des réponses probantes aux questions qui nous seront posées et qui porteront principalement sur les échéances prochaines de la transition », a-t-il renchéri.

C’est que selon Chedly Ayari, urgence est de clarifier les stratégies économiques du pays, lesquelles demeurent tributaires de la mise en place de plans quinquennaux qui soient robustes et visionnaires.

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