Le cancer de la prostate : enfin un test spécifique de la maladie

Le cancer de la prostate est de nos jours le cancer le plus fréquent, et est la deuxième cause de mortalité chez l’homme, après le cancer broncho-pulmonaire. Son diagnostic ne repose pas sur un test spécifique, mais plutôt  par le biais du dosage de la PSA (Prostate Specific Antigen), des données du toucher rectal et surtout de la confirmation par la biopsie prostatique, examen clé du diagnostic de cette affection.

En Tunisie, le cancer de la prostate apparaît avec un taux faible de l’ordre de 10/100 000 habitants, sa mise en évidence se fait souvent à un stade tardif, ce qui sous-entend un manque d’efficacité dans le diagnostic.

Aux Etats Unis, un pays en tête de peloton en matière de progrès médicaux et de qualité de la prise en charge, plus de 1 million d’hommes subissent une biopsie de la prostate par an, mais seulement environ un cinquième de ces biopsies donneront lieu à un diagnostic de cancer, c’est dire à quel point il est nécessaire d’avoir un test diagnostic prédictif.

Afin d’optimiser la détection de cette maladie, des chercheurs de l’Université du Michigan Health System ont conçu un test urinaire qu’ils ont nommé Mi-Prostate Score ou MiPS. Ce test comportant une combinaison de deux marqueurs spécifiques  prévoit avec une grande précision le risque de ce cancer.

« Beaucoup d’hommes peuvent avoir un taux PSA élevé sans pour autant être atteints d’un cancer de la prostate, mais il est très difficile de le confirmer sans biopsie. Nous avons besoin de nouveaux outils pour aider les patients et les médecins à prendre de meilleures décisions sur ce qu’il faut faire si le PSA sérique est élevé. Le Mi-Prostate Score contribue à cela », précise Scott Tomlins, professeur adjoint d’urologie à l’Université du Michigan.

Les chercheurs ont validé le nouveau test sur ​​près de 2.000 échantillons d’urine. Le Mi-Score de la prostate ou MiPS était significativement plus précis que PSA seul pour prédire le risque de cancer, ainsi que la probabilité qu’il soit agressif.

Le principe du test repose sur la détection de deux marqueurs moléculaires relatifs au cancer de la prostate récemment découverts. L’un d’eux est un extrait de l’ARN fabriqué à partir d’un gène, nommé PCA3, hyperactif dans 95% de tous les cancers de la prostate, l’autre marqueur étant un extrait de l’ARN de fusion de 2 gènes (TMPRSS2 et ERG) ultra-spécifique. Ainsi ces marqueurs moléculaires facilement détectables dans les urines offrent un taux de prédiction du risque de 69%, ainsi qu’un taux de 40% dans la prédiction d’un cancer de haut grade.

« Ce test de combinaison n’est pas conçu pour confirmer, au moment du diagnostic, si un homme a un cancer agressif de la prostate, mais il peut fournir une estimation plus précise de la probabilité d’avoir un cancer et de la possibilité qu’il soit agressif », dit Tomlins. Il aide par conséquent à prendre des décisions quant au fait d’attendre et de surveiller les niveaux de marqueurs biologiques ou de faire une biopsie immédiate.

Il ne reste plus qu’à savoir combien de temps ce test mettra pour être disponible dans les services d’urologie tunisiens.

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