M. Abbou présente les garanties pour la transparence des prochaines élections

Quand il s’agit des lois, Mohamed Abbou, avocat de formation, prône la stricte rigueur dans leur application. Dans une conférence donnée ce matin dans le centre d’études de l’Islam et de la démocratie, portant sur les « garanties législatives pour assurer la transparence des prochaines élections », le chef du Courant démocratique a fait ressortir l’image du juriste rigoriste.

Partant du constat universel qui conditionne le succès du processus électoral par la présence d’une presse libre, l’ancien secrétaire général du CPR a fait le plaidoyer du projet de loi organique soumis par le bloc du CPR à l’ANC, le 6 septembre 2012 pour abroger le décret-loi 115. « Si on avait mis en place ce projet de loi, on aurait évité tous les incidents qui ont récemment conduits à l’emprisonnement des journalistes, comme Zied El Héni ! » a-t-il ainsi estimé. Pourtant, le projet de loi en question, retiré peu après la mise en place de la haute instance de la  HAICA, stipulait à 13 reprises, des peines privatives de liberté à l’encontre des journalistes. Toujours attaché au sujet de la presse, celui qui s’identifie comme un proche des journalistes, n’a pas manqué de leur faire un rappel de la déontologie du métier, de leur signaler que « dans toutes les démocraties, les journalistes peuvent comparaître devant la justice » et de les exhorter à davantage de « professionnalisme ».

Estimant nécessaire l’exclusion de la prochaine échéance électorale des « quelque 20 mille personnes ayant collaboré avec l’ancien régime », l’ancien partenaire du Mouvement Ennahdha a regretté la mollesse du parti islamiste dans le traitement de projet de loi portant sur l’immunisation de la révolution. « On aurait du faire passé la loi. On pouvait répondre à ceux qui s’y opposaient comme Human Rights Watch. Et quand bien même la France nous aurait reproché la loi, on pourrait lui rappeler les lois qu’elle a édictées au lendemain de l’éviction des nazis de son sol », a-t-il ainsi lancé, non sans fermeté.

Mohamed Abbou a, par ailleurs, proposé que le ministre de la Justice émette une circulaire stipulant la stricte application de la loi organique 32/88 du 3 mai 1988 portant organisation des partis politiques, notamment en ce qui concerne les sources de financement, la transparence des comptes surtout lors des campagnes électorales.

Ripostant aux voix qui se sont récemment élevées en faveur du rétablissement de l’ancienne Instance supérieure indépendante des élections, celle de Kamel Jendoubi, Mohamed Abbou a estimé qu’une nouvelle loi a déjà fixée la cadre pour le prochaine instance et qu’il « relève de l’irresponsabilité et de l’irrespect de l’Etat que de ne pas respecter cette loi ».

Assemblant tous ces éléments, le chef du Courant démocratique a estimé que les élections pourraient se tenir d’ici quatre ou cinq mois.

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