Hachemi Alaya : pour un changement du modèle de développement tunisien

Revenant sur la problématique du recul de l’investissement privé et public en Tunisie après et avant la révolution, Hachemi Alaya, expert économique a rappelé, aujourd’hui 25 septembre, qu’en principe « une société qui n’investit pas court à sa perte et un Etat qui n’investit pas court à sa faillite, ce qui est le cas actuellement en Tunisie ».

Il a précisé que « le trend baissier de l’investissement en Tunisie ne date pas d’aujourd’hui, mais remonte à la fin des années 90 et s’explique par la saturation des trois secteurs classiques : tourisme, secteur sous traitant exportateur et les industries destinées au marché local (agroalimentaire…) ».

Pour y remédier, M. Alaya a proposé d’ouvrir de nouvelles perspectives à l’investissement et de réfléchir sur un nouveau modèle de développement, devant favoriser l’accroissement et la diversification d’une production locale de qualité, à même de dégager un excédent à l’exportation.

Il a également critiqué le modèle « Go and stop » suivi après la révolution, lequel a-t-il-dit a favorisé les déficits commercial et budgétaire  et une croissance artificielle par la consommation de produits pour la plupart importés et financés par des emprunts extérieurs, ce qui va conduire, selon ses dires, le taux d’endettement du pays à 51% d’ici la fin de l’année 2013.

L’économiste a expliqué la baisse de l’investissement public et privé après la révolution par trois facteurs, dont « la tendance du gouvernement à utiliser les crédits extérieurs pour financer le budget de gestion et les dépenses publiques au détriment du budget de développement, l’absence de visibilité, l’insécurité et l’attentisme des investisseurs générés par la non publication du nouveau code des investissements ».

Il a, de ce fait, mis l’accent sur l’augmentation des dépenses publiques de plus de 25% au cours des sept premiers mois de l’année 2013,  la stagnation des recettes au cours de la même période et de l’accroissement de 58% du coût de l’administration publique durant  la période  juillet 2012-Juillet 2013.

Pour faire face, « la solution doit être globale et doit porter essentiellement sur le changement du modèle de développement adopté jusque là par le pays, ce qui exige au moins deux ans », a-t-il estimé.

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