Z. Ben Jemaa : le citoyen marginalisé, problématique du secteur de la santé

Le coup d’envoi a été donné ce mois au dialogue sociétal sur les politiques stratégiques et plans nationaux de santé. Un dialogue qui se veut une réponse à une question qui touche toute la population tunisienne : quel système de santé voulons-nous pour demain ? Le dialogue passera par trois étapes : étape préparatoire, étape de planification et étape de mise en œuvre.

Actuellement le dialogue sociétal en est à la première étape celle du diagnostic, formulation du problème, identification, évaluation d’options et délibérations sur les choix stratégiques. Lors d’une rencontre informative tenue à Tunis  entre les responsables de ce dialogue et les journalistes, nous avons rencontré Zouhaier Ben Jemaa, le porte-parole du dialogue national et président de l’Association 20 millions de consommateurs, qui nous a dévoilé un certain nombre d’aspects sur l’initiative.

L’Economiste maghrébin :

Pourriez-vous nous parler de l’importance du dialogue sociétal sur les politiques stratégiques et plans nationaux de santé ?

Zouhaier Ben Jemaa :

Le dialogue sociétal sur les politiques stratégiques et plans nationaux de santé dépasse de loin le cadre politique. C’est une première en Tunisie dans le secteur médical. Autrement dit, pour la première fois dans l’histoire médicale tunisienne, les professionnels de la santé, les patients seront écoutés et à partir de leurs avis, il sera établi une nouvelle stratégie qui prendra en considération les besoins de toutes les régions, notamment celles laissées pour compte. D’ailleurs, c’est de là que vient la nécessité d’un tel dialogue, qui à mon sens, aura son apport et réalisera un résultat fructueux.

Quelle est la particularité du dialogue national qui nous a dévoilé un certain nombre d’aspects sur l’initiative par rapport à d’autres expériences de même nature ?

La nouveauté dans cette expérience c’est qu’il ne s’agit pas d’un programme prêt à l’emploi, posé sur le système de santé sans identifier les problèmes sanitaires concrets dans le pays.  Le dialogue que nous proposons part du bas vers le haut en d’autres termes des patients, des professionnels de la santé vers les décideurs et les structures concernées. Nous sommes encore à l’étape préparatoire : nous devons visiter toutes les régions et former des focus groupes et bien sûr  avec l’aide de consultants et d’experts.

Ce dialogue qu’ambitionne-t-il ?

Une bonne gouvernance de la santé en Tunisie, faire participer tous les concernés. Sachez que le citoyen assistera aux trois étapes du dialogue, de l’étape préparatoire à l’étape de la mise en œuvre. Une fois que le diagnostic est fait et les solutions proposées, nous présenterons les résultats de notre travail au gouvernement qui sera en place pour qu’il l’inclue dans son prochain plan de développement. Je tiens à expliquer que le bilan du dialogue sociétal sur les politiques stratégiques et plans nationaux de santé ne prend pas en considération la nature et l’orientation politique du gouvernement.

Ce n’est pas un bilan politique, c’est un bilan qui vise le développement d’un secteur précis. Le diagnostic et les solutions seront prêts à la mi-2014.

Étant donné qu’on parle d’un dialogue sur la santé, cela suppose que les maux sont nombreux  dans ce secteur ?

Dans tous les pays, le secteur sanitaire souffre de problèmes. Ce n’est pas propre à la Tunisie. La marginalisation du citoyen est le problème majeur de ce secteur, notamment pour ceux qui ne disposent même pas d’une couverture sociale et sont victimes de la mauvaise gouvernance

 

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