L’économie tunisienne face au méli-mélo politique

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Pauvre Tunisie : après la crise, la crise. C’est la mascarade et l’ambiguïté. Après un grand méli-mélo politique, le pays, sans boussole, se retrouve plongé dans une crise économique sévère. Après près de deux mois d’inexplicables et infinies négociations, un long feuilleton, dont l’économie du pays fait les frais, les Tunisiens attendent toujours de connaître où va le pays.

L’économie tunisienne est livrée à elle-même. Le pays vit actuellement au-dessus de ses capacités financières et budgétaires. La situation pourrait, selon le Gouverneur de la Banque centrale, devenir intenable à la fin de l’année en cours.

Le dinar tunisien a perdu de sa valeur, les revenus des entreprises publiques baissent, les exportations ont chuté, l’investissement va mal, le taux de chômage grimpe vers des niveaux historiques et les réserves en devises chutent d’un jour à l’autre.

Moins chaotique peut-être que l’on pourrait penser, le déclin socio-économique du pays inquiète. Les signes de désespoir se manifestent sur les visages des hommes d’affaires et des acteurs économiques. Perdus dans les querelles stériles des politiques, entre opposition et gouvernement, sans avenir clair, les hommes d’affaires, frustrés, s’estiment oubliés et ne savent plus à quel saint se vouer.  Ils se sont moins fait entendre que les politiques. Ils en payent aujourd’hui la facture.

Tant attendue, la déclaration du quartet des organisations parrainant le dialogue national tenue samedi 22 septembre, n’a pas apporté de bonnes nouvelles aux Tunisiens. C’est au contraire une véritable déception. La vague d’indignation qui a suivi les tractations politiques et les dérives au sujet de l’indépendance de la justice et de la liberté d’expression ont des allures de vent de tempête.

En effet, les négociations n’ont guère débouché sur des résultats clairs et sur les moyens de les réaliser. Les uns accusent les autres. Le quartet et l’opposition accusent la Troïka. Celle-ci accuse l’opposition et surtout la centrale syndicale. Les deux engagés depuis longtemps dans un bras de fer sans fin. En perte de repères, opposition et gouvernement n’avaient peut-être ni les prétentions ni aucune vision globale pour sauver le pays.

L’action gouvernementale a, certes, manqué de cohérence. L’inaction du gouvernement face au terrorisme, aux assassinats politiques, à la contrebande et aux forces qui représentent une menace pour la démocratie a paralysé l’Etat et affaibli son rôle.

Alors que les Tunisiens avaient d’autres préoccupations, le gouvernement a beaucoup usé de sa légitimité électorale, ainsi que son droit de nommer ses fidèles dans les postes clés dans l’administration. Il n’a pas réussi à désamorcer les revendications sécessionnistes de l’opposition.

Avec le blocage et le mélange des genres qu’il a imposé lors des négociations, il s’est avéré que le parti islamiste au pouvoir s’en prend à lui-même. Ses tergiversations l’auraient empêché de prendre les bonnes décisions et d’accepter, ouvertement et clairement, la feuille de route du quartet.

L’opposition, fondée sur le rejet du gouvernement islamiste, n’a pas pu sortir de la clandestinité et a manqué de pivot. Elle a, avec ses pulsions pseudo-révolutionnaires, complètement échoué à devenir l’acteur d’un mouvement dont l’enjeu concerne l’avenir du pays avec tout le cortège d’implications économiques, politiques et sociales. L’opposition ne semble pas très sérieuse. Elle n’a pas su profiter de l’hésitation du gouvernement sur certaines affaires et face aux dangers auxquels le pays est confronté.

Il semble bien qu’il est grand temps aujourd’hui de se réveiller et de mettre fin aux manœuvres politiciennes. Existe-t-il une solution à ce marasme général ? Assurément oui. Il n’y a qu’à se tourner vers le consensus national. Chacun doit faire un pas vers l’autre.

Mais, ne rêvons pas trop, ce cercle vicieux des négociations et de dialogue interminables doit très vite atteindre le bout du tunnel. Heureusement, les portes ne sont pas complètement fermées, elles ont été laissées grandes ouvertes, pour la énième fois, encore une semaine pour la radicalisation des positions et avant que la tempête ne se lève.

 

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