Le Mouvement Ennahdha expose sa vision pour sortir de la crise politique

Deux jours après l’annonce de l’échec du dialogue national par le secrétaire général de l’UGTT Houcine Abbassi, le mouvement Ennahdha a choisi de tenir une conférence de presse à Tunis, pour revenir sur la situation actuelle du pays. Le coordinateur général du mouvement Ennahdha, Abdelhamid Jelassi, l’ex-ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem et Ajmi Lourimi, responsable au sein du parti, étaient présents, contrairement à Rached Ghannouchi qui a brillé par son absence.

M. Abdelhamid Jelassi a appelé le quartet, parrain du dialogue national, à garder sa neutralité et à relancer le dialogue national, au lieu de dévoiler aux Tunisiens l’identité des responsables de l’échec du processus transitoire, de l’entrave au dialogue et de la perte de temps ; ce qui a entraîné, aux dires du quartet, la dégradation de l’économie.

Il a signalé aussi que les mouvements de grèves qu’a connus la Tunisie, après la révolution étaient les plus violents des 50 dernières années et «  que les partis politiques qui y ont participé sont connus ».

Abdelhamid Jelassi a déclaré aussi que le mouvement Ennahdha est prêt à assumer sa part de la responsabilité et non pas toute la responsabilité.

Évoquant la question de neutralité du quartet parrain du dialogue national, il a exprimé son étonnement du fait que des membres de ces organismes participent à des manifestations contre le mouvement Ennahdha ou menacent de mobiliser la rue.

L’ex-ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, est revenu sur le paysage politique tunisien.  Il a déclaré que les concessions successives présentées par le mouvement, notamment en ce qui concerne la constitution et les ministères de la souveraineté ont causé la colère des jeunes du  mouvement. « Ils commencent à nous appeler le mouvement des concessions », dit-t-il. Avant d’affirmer que : «  l’essentiel c’est que les concessions aboutissent à des compromis qui œuvrent pour l’intérêt suprême du pays ».

Rafik Abdessalem a annoncé la vision du mouvement Ennahdha pour une sortie de la crise actuelle, à savoir : assurer la finalisation de la constitution, préserver l’Assemblée nationale constituante et  former un nouveau gouvernement présidé par une personne indépendante et patriotique ; après avoir assurer les missions fondatrices à savoir : la finalisation de la constitution, la fixation d’une date précise pour les prochaines élections et la formation d’un gouvernement contrôlé par l’assemblée nationale constituante.

Évoquant l’opposition, Rafik Abdessalem a déclaré que les déclarations de l’opposition tunisienne, sans préciser pour autant de quel parti de l’opposition il s’agit, ne sont pas rassurantes, car « l’opposition veut former un gouvernement qui ne soit pas contrôlé par l’Assemblée nationale constituante  et veut recourir à la rue pour accentuer la crise ».

Dans la même optique, il a affirmé que le mouvement a  fait des concessions, «  mais en même temps il n’accepte pas l’exclusion ou la domination d’une partie sur une autre et la dictature de la minorité  au sein de l’Assemblée nationale constituante ou de ceux qui ne sont même pas représentés à l’ANC ».  

En réponse à une question qui porte sur les dernières déclarations d’Abdelfattah Mourou, il a affirmé que les jeunes du mouvement Ennahdha ne sont pas extrémistes, mais ils sont en colère contre les concessions faites par le parti. De même, Ajmi Lourimi a affirmé que Rached Ghannouchi restera le leader du mouvement, contrairement aux propos qui ont été avancés par Abdelfattah Mourou dimanche dernier, sur les colonnes d’un journal arabophone algérien.

De même, il a affirmé qu’il n’existe pas «  une désobéissance civile pacifique notamment dans cette période ».

L’absence remarquée du leader du mouvement Rached Ghannouchi était inattendue, d’ailleurs le texte de l’invitation mentionnait sa présence. S’ajoute à cela que les raisons de l’échec du dialogue national méritaient des précisions que seul le chef du mouvement Ennahdha aurait pu donner. En réponse à cette question, Abdelhamid Jelassi a déclaré que le « mouvement Ennahdha est un  mouvement basé sur les institutions et non pas sur les personnes », avant d’ajouter qu’il était avec Rached Ghannouchi avant le début de la conférence. 

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