Grève générale : les médias tunisiens protestent contre les atteintes à la liberté d’expression

Le courrierinternational.com a publié, le 16 septembre 2013, un article intitulé: « Tunisie : Non à la traque des médias !», et ce, suite à la manifestation organisée ce jour là et à l’appel à la grève générale des journalistes tunisiens, aujourd’hui 17 septembre.

Les médias en Tunisie se sont unis pour protester contre la multiplication des atteintes à la liberté d’expression, notamment contre la détention des journalistes Zied El Hani, Tahar Ben Hassine et Zouhaïr El Jiss.

Déjà à l’époque de Ben Ali, les journalistes tunisiens étaient victimes d’un harcèlement judiciaire, qui n’a cessé de se renforcer après la Révolution.

Pour la seule journée du vendredi 13 septembre, trois journalistes ont comparu devant la justice. Ainsi, ce vendredi, classé journée noire, marque un tournant dans la répression organisée par  la troïka, conduite par le parti islamiste Ennahda.

Les journalistes tunisiens sont unanimes à déclarer qu’Ennahda « n’a rien compris à la liberté d’expression. Elle harcèle les médias et veut imposer sa ligne éditoriale ».

Pour plus de détails, courrierinternational.com a mentionné que Zouhair El Jiss, journaliste à la radio Express FM, était poursuivi pour « fausses informations pouvant troubler l’ordre public et outrage au président de la République », suite à son interview, en mars dernier, avec Salem Zahran, un journaliste libanais, au cours de laquelle il avait déclaré que le président provisoire Moncef Marzouki percevait un salaire de 50 000 dollars, versé par la chaîne Al-Jazira.

Quant à Tahar Ben Hassine, directeur de la chaîne Al-Hiwar Ettounsi, il est accusé de « complot contre la sûreté intérieure de l’Etat ». Son audience a été reportée au 30 septembre. Il  doit également comparaître devant le tribunal, les 19 et 20 septembre courant, pour d’autres affaires relevant de la diffusion de « fausses nouvelles et d’incitation à la désobéissance ».

La détention de Zied El Hani, rédacteur en chef du journal Essahafa et dirigeant syndicaliste, est fondée sur des accusations de «diffamation et attribution d’actes illégaux à un fonctionnaire de l’Etat», suite à ses déclarations sur Nessma TV, relatives au procureur de la République, Tarek Chkiwa.

Suite à cette accusation, El Hani a passé le week-end du 14 septembre en prison, avant d’être libéré provisoirement le 16 septembre, après le paiement d’une caution de 2000DT.

En dépit du  fait que l’article sur lequel s’est fondée l’accusation remonte au décret de 1913 et a été abrogé depuis la promulgation du Code de la presse en 1975, l’affaire de Zied El Hani sera tout de même examinée le 24 septembre.

« Des agressions quotidiennes, des menaces de mort, de l’intimidation, des licenciements abusifs, des arrestations et des interrogatoires, des chefs parachutés et dépourvus de tout mérite et compétence, des abus contre les journalistes, des menaces à la liberté de la presse… », telles sont les raisons pour lesquelles les médias tunisiens sont aujourd’hui en grève générale.

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