La Banque centrale persiste et signe

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a encore une fois pris le parti de s’exprimer d’une manière indépendante sur la situation économique du pays, à travers son communiqué publié à l’issue de la tenue de son dernier Conseil du 4 septembre 2013. La BCT, tout en relevant les chiffres de croissance de l’INS, n’a pas manqué de souligner la décélération des concours bancaires aussi bien à court qu’à moyen et long termes.  Si pour les crédits à court terme, les explications peuvent être multiples, même si là aussi les chiffres corroborent la faiblesse de l’évolution du PIB (3,2% par rapport à la même période 2012), rendant encore plus hypothétique le taux ciblé initialement de 4,5% puis de 4% ; puisqu’en glissement annuel le taux de croissance sur 2013 s’établit à ce jour à 3% pour une tendance annuelle de 3,6%, si bien sûr rien ne vient encore gripper la machine.

Pour les crédits à terme, leur décélération est encore plus problématique, puisqu’elle traduit une baisse du trend d’investissement et donc de création de richesses pour les semestres et années à venir. La BCT cite dans ce contexte une « baisse de la dynamique d’investissement au niveau des entreprises » et exprime « sa profonde préoccupation quant à la persistance des risques qui peuvent compromettre l’évolution de l’économie nationale sur fond de persistance du manque de visibilité auprès des opérateurs économiques et ses retombées sur les secteurs productifs et exportateurs ».

La conclusion du communiqué est plus que solennelle : « l’exacerbation des tensions sur la scène politique nationale menace, plus que jamais, la sécurité et les fondamentaux de l’économie nationale ».

Par ce nouveau communiqué, l’argentier fait ressortir, si besoin est, que les notices économiques des agences de notation sur l’état de santé économique du pays  restent valides et prennent  sens et ampleur à la fois.

Quant à la croissance, il est clair que le dernier tiers de l’année, entamé début septembre, reste plein d’embûches si, comme nous l’indiquent les faits, il n’y pas une reprise en main pour profiter du récent frémissement de la zone Euro. Dans ce cas, les 3,6%  de croissance ciblée  en 2013, resteront un vœu pieu ne manquant pas d’impacter l’année 2014 dans laquelle nous allons nous projeter, sans véritable élan constitué en 2013. Le bout du tunnel est encore loin.

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