« Il n’y a que la Troïka qui bloque le processus de dialogue national »

En marge de la rencontre entre les représentants des députés qui se sont retirés et la Coalition nationale de la jeunesse, tenue aujourd’hui 11 septembre à Tunis, nous avons rencontré Fadhel Moussa, député du parti Al Massar et spécialiste en droit constitutionnel. Interview.

L’Economiste Magrhébin : Cette coalition est formée de plusieurs organisations de jeunes, ce qui pourrait laisser croire qu’il s’agit une extension pour un certain nombre de partis politiques, pourtant elle affirme son indépendance. 

Je la considère comme une initiative importante et constructive. Je ne juge pas les intentions des gens, mais je peux juger leurs programmes et j’ai déjà entendu que cette coalition est ouverte sur toutes les tendances politiques. Mais elle est  attachée à la défense des valeurs républicaines. Et bien sûr qu’il existe plusieurs lectures même au sein de la coalition.  Je pense qu’elle doit garder sa ligne directrice, à savoir l’ouverture sur toutes les tendances. C’est ce qu’il faut actuellement, car les  Tunisiens doivent cohabiter pacifiquement, malgré leurs divergences idéologiques, religieuses et partisanes.
Maintenant je suis plutôt optimiste quant à la réussite de cette coalition qui sera celle  du rassemblement et non celle de la division.

Que pensez-vous de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale constituante, au moment où le dialogue national et les discussions des députés retirés n’ont pas encore repris ?

Déjà vous venez de mettre l’accent sur la non-reprise des concertations. Vous vous rappelez déjà que le président de l’Assemblée nationale constituante Mustapha Ben Jaafar avait indiqué dans son allocution que les travaux de l’ANC ne reprendraient qu’avec le début des concertations et des discussions. Mais, comme vous le voyez bien le dialogue national est bloqué.  Le président de l’Assemblée nationale constituante aurait dû jouer le rôle qui est le sien, à savoir convaincre la Troïka de ne pas s’entêter, puisque que la majorité des acteurs du dialogue sont d’accord : société civile, partis politiques, les organismes qui parrainent le dialogue national . Sans oublier les  milliers de citoyens qui sont sortis protester à quatre reprises au mois d’août. C’est un indice qui montre que les gens ne sont pas contents de la situation actuelle et que le changement doit se faire.

La reprise des travaux de l’Assemblée nationale constituante ne résoudra pas le problème, car enfin de compte, si elle reprend pour des réunions internes des comités, ce ne sera pas un souci; mais si l’ANC recommence à tenir les séances plénières et à étudier les projets de loi, cela veut dire qu’elle s’est désengagée des accords préalables. Je rappelle que même si le dialogue national n’a pas repris, l’UGTT a posé des conditions concernant le rôle de l’ANC sur lesquelles toutes les composantes du dialogue national étaient d’accord, à savoir  la rédaction de la Constitution, le code électoral,  la promulgation de l’ISIE, le tout sans se mêler du pouvoir législatif.

Concernant la grève de la faim ?

La grève de la faim est un dernier recours, après épuisement de tous les autres choix. Certains députés ont exprimé leur intention de l’entamer, mais suite à la demande de la présidente de l’UTICA, Mme  Wided Bouchamaoui, les députés retirés qui ont choisi la grève de la faim ont décidé de la reporter.

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