RFID une technologie qui promet

Abderrazak Hachani, consultant RFID, dévoile pour les lecteurs de l’Economiste Maghrébin son parcours et les apports de la technologie RFID.
Interview.   

Qui est Abderrazak HACHANI et comment êtes-vous devenu un consultant RFID réputé à l’international ?

J’ai démarré mes travaux de recherche en juillet 2003 tout en accomplissant mes études de Master. A l’époque mon objectif était, comme tout jeune diplômé,   la réussite de mon projet de recherche ayant comme thème la RFID où j’ai développé mon premier lecteur opérant à 125 KHz. Avec le temps, ce domaine et devenu une passion  et même un métier et je suis fier d’avoir introduit, depuis 2004, le métier de  consultant RFID en Tunisie.

Le conseil en RFID est une phase essentielle pour assurer le développement des solutions, il couvre les aspects techniques et managériaux. J’avais la chance de participer dans des projets à l’international et de rendre des services de conseils  à des grandes compagnies et organisations. Outre mes activités de conseil, je suis un enseignant chercheur à l’Ecole supérieure privée d’ingénierie et de technologie.

En quoi consiste l’importance de la technologie RFID et quelle place aura-t-elle en Tunisie?

Bonne question. Avant tout, je pense qu’il faut expliquer au large public ce terme qui est  l’acronyme anglais de ‘radio frequency identification’ ou encore identification radio fréquence. Ce terme décrit un ensemble de technologies permettant d’identifier à distance (fonction de plusieurs facteurs) un objet doté d’une étiquette RFID formée essentiellement d’une puce (chip) couplée à une antenne pour communiquer un identifiant unique et suivant les systèmes d’autres informations supplémentaires ( température, contenu mémoire …).

L’essentiel est de savoir que chaque objet, dans des conditions particulières,  (ou bien un ensemble d’objets) peut être identifié à distance d’une manière automatique  et que nous pouvons extraire ou bien mettre à jour des informations qui le caractérisent instantanément suivant des paramètres  dépendant de l’application.

Il est alors possible d’assurer des services de traçabilité, localisation, sécurité, contrôle de chaîne logistique et bien d’autres applications limitées par l’imagination.

En pratique, la possibilité financière  d’étiqueter chaque objet  n’est pas garantie pour tout produit et dépend  de l’étude du retour sur investissement  (ROI) pour justifier les coûts. Cette opération nécessite une bonne compréhension de l’écosystème incluant le système RFID, qui est  fonction de facteurs d’ordre politique, social, infrastructure technologique…

Que ce soit pour le secteur privé ou étatique, certains secteurs en Tunisie nécessitent le déploiement de la RFID à grande échelle tels que la santé, le transport et la logistique et bien d’autres secteurs.

A titre d’exemple au niveau de la logistique, le contrôle des circuits de distribution est un problème majeur qui a des répercussions directes sur le consommateur et son pouvoir d’achat. Nous pouvons penser à une solution nationale pour identifier et suivre les produits  depuis l’origine. Les avantages consistent à identifier l’authenticité des produits et par la suite lutter contre les marchés parallèles, réduire le nombre des intervenants tout au long de la chaîne de distribution. Il est clair que la RFID est l’élément clé,  mais ne constitue pas seule toute la solution.

Certains grands projets sont à l’horizon, les avantages  dépendent du domaine d’application mais en général, vous pouvez considérer ces étiquettes RFID comme étant des mouchards électroniques où vous pouvez contrôler un processus physique, par exemple le suivi de la production, la localisation des conteneurs dans un port, la protection des biens…

A l’heure actuelle, cette technologie n’est pas assez exploitée. A quoi est dû ce manque de vulgarisation ?

Depuis quelques années, certains projets RFID en Tunisie ont vu la lumière et actuellement j’assure certaines actions de vulgarisation, mais à ce jour, la RFID n’est pas encore exploitée à fond et son vrai potentiel n’a pas été atteint dans notre pays pour plusieurs raisons qui se résument principalement en deux points :

Manque de sensibilisation : malgré certains efforts,  il reste beaucoup à faire dans ce sens.

Absence d’actions collectives et de stratégie nationale.

C’est pourquoi, j’appelle les différents organismes de  l’Etat et les industriels  à organiser une journée nationale pour définir une feuille de route  mettant en oeuvre une stratégie nationale vis à vis de la RFID.

RFID et création d’emplois…

Vu la diversité des activités verticales, les applications RFID ne présentent pas nécessairement les mêmes défis et problèmes  et par la suite il est question de redimensionner le système RFID adéquat. Cette diversité implique aussi un taux important de projets futurs et des opportunités d’affaires  qui peuvent être générées à condition de bien préparer une population  ayant une vision globale de l’écosystème RFID. Personnellement, je suis prêt à assister des start-ups pour monter leurs projets et je profite de cette occasion pour dire que la clé de la réussite pour un bon démarrage consiste à monter une entreprise développant des solutions autour d’une activité verticale. C’est la meilleure approche à mon avis.

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