Que veut Mohamed Ben Salem ?

Telle est la question posée plus d’une fois par les membres du conseil d’administration lors de la conférence organisée le 4 septembre. En quête de réponse,  pour l’affaire Vignerons de Carthage, les possibilités sont certes nombreuses et rien ne semble être écarté !

L’affaire dit-on non politique et non idéologique, bien que cette deuxième hypothèse ait été insinuée plus d’une fois lors de  la conférence à travers des phrases ‘’ si Mohamed Ben  Salem n’aime pas le vin, ce n’est pas de cette manière qu’une telle affaire devrait être  gérée’’. Écartant, toutes les autres hypothèses, encore une fois dans le domaine du possible, l’affaire est avant tout  juridique et Mohamed Ben Salem a commis un dépassement appuyé par le ministère des Finances. Mais qui veut la tête des Vignerons de Carthage, composée de neuf mutuelles de base regroupant 1500 viticulteurs répartis dans cinq gouvernorats ‘’ Nabeul , Ben Arous , Manouba, Ariana et Bizerte’’ , employant plus de 2500 ouvriers lors des vendanges et la vinification et surtout représentant une contribution à hauteur de plus de 64 millions de dinars au budget de l’Etat ?

Mohamed Ben Salem faisant fi de la loi ?

L’affaire a débuté avec la coopérative viticole de Bir Drassen, Nabeul avec d’autres membres de l’ancien comité d’administration accusés auparavant de délits financiers. Ce groupe de personnes ont à leur tour accusé le comité d’administration actuel de fraude et de mauvaise gestion de fonds publics. Réaction du ministère de l’Agriculture, une inspection d’une heure selon Boubaker Ziadi suite à laquelle a été décidée la dissolution du comité d’administration, une prérogative dont ne jouit pas Mohamed Ben Salem, ministre de l’Agriculture, dont pourtant il a fait usage. La dissolution d’un comité ne pouvant se faire que suite à une réunion extraordinaire, (article 45 de la loi 94, 2005). Le ministère des Finances au début réticent a appuyé cette démarche : une décision qualifiée par Zaidi d’illégale.

Le caractère illicite de la démarche entreprise par le ministre de l’Agriculture est confirmé par Taoufik Ben Jaafer, un autre membre du comité d’administration indiquant que la personne responsable de toute cette affaire n’a pas été citée par le ministère de l’Agriculture se demandant  ‘’ loin de toute théorie de complot, qui se cache réellement derrière cette propagande ? ‘’.

Juridiquement , d’après l’un des avocats de la société, Maître Mili , la décision de la dissolution est illégale car non seulement il n’est ni des prérogatives des deux ministères( Finances et Agriculture) d’en décider ainsi mais cette décision n’est valable que si l’intérêt des agriculteurs est mis en danger par le conseil d’administration : ce qui n’est pas le cas dans cette affaire , car les agriculteurs eux-mêmes sont représentés au sein du conseil.

Une décision qui traduit une prise à la légère de la situation économique actuelle

Ridha Ben Aziza, membre du conseil d’administration, s’est montré  perplexe vis-à-vis de la décision de la dissolution ‘’ une fois, on entend que la dissolution ne vise que le directeur général , une autre fois tout le comité’’ . Une situation qui laisse les Vignerons de Carthage dans une situation inconfortable : ‘’ Cela ne retarde pas seulement le travail de la société mais celui des agriculteurs et des institutions financières’’. Pour quelle raison l’importance du secteur et sa contribution au budget de l’Etat, déficitaire, n’est pas prise en compte ? Pourquoi le ministre des Finances se démène pour obtenir des crédits auprès de l’UE et d’autres institutions et délaisse 26 millions de dinars comme contribution des Vignerons de Carthageau budget de l’Etat ? Quel sera le sort du tourisme si les Vignerons de Carthage, principal acteur du secteur viticole, fait faillite ainsi que le sort de l’usine fournissant les bouteilles ? Pour Mohamed Ben Cheick, représentant du secteur à l’UTICA, il y a eu un dépassement dangereux car il touche en premier à la réputation d’une société prospère.

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