La Tunisie réintègre le classement du Forum de Davos en perdant 43 places

Le rapport global sur la compétitivité du World Economic Forum a été publié ce matin 4 septembre et présenté par le président de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises, Ahmed Bouzguenda, en présence de MM.Walid Bel Hadj Amor, Majdi Hassen (IACE) et Fayçal Derbel, expert-comptable. La Tunisie se place à la 83e place sur 148 pays dans le classement 2013-2014, et ce, après une absence du classement de l’année dernière «en raison d’un changement structurel important dans les données, qui a rendu les comparaisons avec les années passées difficiles».

La Tunisie qui était classée 40e sur 142 pays lors du classement 2011-2012, et 32e  sur 139 pays  lors du classement 2010-2011, dégringole de 43 places pour se situer à la 83e place, derrière le Maroc à la 77e place, devant l’Algérie à la 100e place, la Libye à la 108e et l’Égypte à la 118e place.

Établi grâce au croisement d’une centaine d’indicateurs économiques, le rapport du World Economic Forum se base sur 12 piliers de compétitivité: l’environnement institutionnel, les infrastructures, la stabilité macroéconomique, le système de santé et le système éducatif de base, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, le fonctionnement efficient des marchés de produits et de services, l’efficience et la flexibilité du marché du travail, les marchés financiers sophistiqués, l’aptitude technologique, la taille du marché, l’organisation intra et interentreprises dense et élaborée et l’innovation.

Pour l’environnement institutionnel, le coût du terrorisme, de la violence et du crime organisé est devenu l’un des obstacles principaux dans le classement de la compétitivité. D’ailleurs, la Tunisie est classée 137e – recul de 69 places) au niveau du terrorisme, 117e (-78) au niveau de la violence et 100e (-51) au niveau du crime organisé.

Du côté efficacité des conseils d’administration, la Tunisie a reculé de 62 places pour se classer 124e.  Concernant l’efficacité du marché du travail, le pays occupe la 132e place, les marchés financiers ne remplissent pas efficacement leur rôle en fournissant le secteur des entreprises avec des moyens financiers pour se développer.

En outre, le système bancaire qui se classe à la 129e place doit être stabilisé pour bâtir la confiance des investisseurs.

« Le nouveau classement  est décevant même si l’on s’y attendait », a affirmé Ahmed Bouzguenda. Et d’ajouter : «La stabilité politique, la sécurité, le terrorisme et l’évolution du marché financier ont été parmi les indicateurs qui ont influencé négativement la note de la Tunisie dans le rapport. Ce dernier aura un impact sur la décision des investisseurs étrangers.  D’où il est nécessaire que le gouvernement relève les points faibles pour y remédier».

Cependant, le positionnement du pays « reflète les défis importants que la Tunisie aura à relever pour mettre son économie dans un objectif de croissance durable et résoudre son problème de chômage».

Sur le plan international

La Suisse est, pour la cinquième année consécutive, en tête du classement. Elle est suivie de Singapour,  de la Finlande, l’Allemagne et les États-Unis qui gagnent chacun deux places.

Les pays maghrébins enregistrent également un recul. Le Maroc perd 7 places et se retrouve en 77e position, alors que l’Algérie est 100e, en recul de deux places. La Libye passe quant à elle de la 106e à la 108e place.

Au Proche-Orient, le Qatar (13e) se classe premier de la région, les Émirats Arabes Unis, 19e, entrent pour la première fois dans le top 20. L’Arabie Saoudite (20e) recule de deux places mais figure toujours parmi les vingt premiers. L’Égypte, 118e, poursuit son recul et perd 11 places par rapport à l’indice de l’année dernière. Le Bahreïn se retrouve à la 43e place alors que la Jordanie est 68e.

En se classant à la 53e place, l’Afrique du Sud reste le pays africain dont l’économie est la plus compétitive selon le rapport. La Chine, 29e reste le leader des pays du groupe des BRIC, devant le Brésil 56e (-8 places), l’Inde (60e) et la Russie qui gagne 2 places pour se retrouver à la 64e position.

La France se retrouve à la 23e place en termes de compétitivité. Le rapport explique qu’en Europe les efforts déployés pour lutter contre l’endettement public et l’éclatement de l’euro ont détourné l’attention des problèmes structurels et plus fondamentaux liés à la compétitivité, et recommande aux pays du sud dont l’Espagne (35e), l’Italie (49e), le Portugal (51e) et surtout la Grèce (91e) de remédier au manque d’efficacité et de flexibilité de leurs marchés, de promouvoir l’innovation et l’accès au financement afin d’améliorer la compétitivité de l’ensemble de la région.

Le Top 10 des pays les plus compétitifs selon le rapport du Forum de Davos

    1/Suisse

    2/Singapour

    3/Finlande

    4/Allemagne

    5/Etats-Unis

    6/Suède

    7/Hong-Kong

    8/Pays-Bas

    9/Japon

    10/Royaume-Uni

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