Mohamed Meddeb : le PDG contesté de la Radio nationale

Le bras de fer continue entre le Syndicat national des journalistes tunisiens et le gouvernement provisoire. En effet, ni le gouvernement, ni les journalistes ne sont prêts à enterrer la hache de guerre.  Les professionnels du métier se trouvent, sans le vouloir, au cœur de cette  bataille où tous les coups sont permis : arrestations arbitraires, privations de la diffusion de la publicité publique, agressions physique et verbale, qui se passent dans l’impunité la plus totale.

« Le seul objectif de ces pratiques est la soumission des supports médiatiques, afin qu’ils se conforment aux normes d’un certain parti politique au pouvoir », déclare un journaliste venu manifester et crier sa rage avec d’autres collègues, devant le siège de la Radio tunisienne,  dans le cadre de la grève décrétée par le Syndicat national des journalistes tunisiens  pour protestation contre la nomination partisane du nouveau directeur de la radio tunisienne Mohamed Medded.

Cerise sur le gâteau : à ces difficultés que rencontre la profession, s’ajoute les nominations partisanes à la tête de différents établissements médiatiques publics. Cette pratique n’a d’ailleurs pas été vue d’un bon œil par Reporters sans frontières et la HAICA lésée par ses nominations, qui portent atteinte à ses prérogatives et son indépendance.

Le limogeage de Mohamed Meddeb est désormais la revendication de tous les journalistes venus ce matin, crier haut et fort leur indignation et leur refus catégorique de sa nomination aussi bien que ses pratiques.

Journaliste et animatrice à la Radio culturelle, Monia Dridi présente Mohamed Meddeb en ces termes :  « son envie de contrôler la ligne éditoriale de la radio n’est perceptible que par le biais de quelques ordres écrits, mais il suffit de lire entre les lignes pour se rendre compte que par-delà les simples ordres ou recommandations se cache la volonté de soumettre le journaliste à une ligne éditoriale autre que la sienne », affirme-t-elle.

Les journalistes de la Radio nationale ne sont pas restés les bras croisés à attendre que le nouveau président directeur général étale ses tentacules et fasse régner ses propres lois sur l’établissement. L’opposition a été rude et la réplique du directeur lourde de conséquences. Qu’on en juge : quatre directeurs ont présenté leurs démissions en réponse à ses tentatives de les soumettre. Il a limogé trois directeurs qui se sont opposés à lui et il a fait comparaître deux autres devant le conseil de discipline.

Une autre raison invoquée pour le limogeage de Mohamed Meddeb serait son incompétence. A cet effet, Samira Saaï, journaliste et syndicaliste pointe du doigt « son incompétence, son incapacité à développer les radios tunisiennes et à élaborer leur restructuration ».

Brandissant une pancarte contenant un des slogans hostiles à la nomination de Mohamed Meddeb, Nayma Mansour Charmiti, rédactrice en chef d’un site web d’actualité s’indigne : «  Il est inconcevable que le gouvernement  procède à des nominations illégales à la tête des médias publics. Le comble c’est qu’il a interdit la couverture des sit-in et des mouvements de protestation ».

Cependant, lors de son intervention aujourd’hui sur les ondes radiophoniques   le PDG de la radio nationale a déclaré que les nominations ne font pas partie des prérogatives du syndicat et a  considéré que la grève générale observée aujourd’hui, mardi 3 septembre, dans les radios publiques est illégale, néanmoins, que la porte du dialogue reste ouverte.

Ainsi, ayant joint, l’incompétence à l’autorité, Mohamed Meddeb dispose de toutes les qualités requises pour être un PDGcontesté.

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