Après une décennie glorieuse, l’économie indienne s’enlise dans le marasme

L’Inde, 1,2 milliard d’habitants, et troisième puissance d’Asie, semble pâtir depuis quelques temps d’une brusque régression de son taux de croissance. En effet,  après une décennie «  glorieuse », où le taux de croissance était supérieur à 8%, l’année en cours a vu ce taux chuter à 4% et le PIB n’a augmenté que de 5%.

Les journaux indiens, asiatiques et internationaux sont inquiets et s’alarment tous de la dévaluation de la monnaie nationale, tout en essayant chacun d’apporter une analyse et de possibles issues au marasme. « La roupie indienne, qui ne cesse de perdre de sa valeur depuis plusieurs semaines, accélérait sa baisse, mercredi 29 août, lâchant plus de 3 % face au dollar américain. La devise indienne valait alors 68,60 roupies pour 1 dollar (91,17 pour 1 euro), contre 66,24 mardi soir à la clôture», a rapporté le journal Le Monde, le 28 août dernier, dans un article intitulé « En Inde, la dégringolade sans fin de la roupie. »  Le site d’information Hindustan Times craint, quant à lui, que cette baisse de la monnaie indienne ne s’accentue davantage avec la hausse des cours du pétrole que pourrait induire une éventuelle frappe américaine en Syrie. L’édition indienne du site de l’agence Reuters s’est par ailleurs penchée sur les répercussions de cette dévaluation sur la vie des quelque 800.000 étudiants indiens qui vont étudier à l’étranger cette année.  « La question principale est de savoir s’ils peuvent encore se permettre d’assurer les frais de scolarité aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie. Les coûts en roupie ont en effet augmenté de près de 20% », s’est ainsi demandé hier Anurag Kotoky, le rédacteur de l’article, sur place à New Delhi.

Pour remonter la pente, les Indiens ont désigné un nouveau chef à la tête de leur Banque centrale : Raghuram Rajan, 50 ans, titulaire d’un doctorat du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI). Il a certainement le profil du sauveur, bien qu’il ait déclaré ne pas « avoir une baguette magique pour résoudre les problèmes du pays». Des problèmes tels que, notamment, la corruption endémique, l’absence de réformes, la perte de confiance des investisseurs, la fuite des capitaux vers les Etats-Unis ou encore le déficit courant élevé (4,5% du PIB).

Laisser un commentaire