Un sport très prisé à la Maison-Blanche : casser de l’Arabe

Le chef d’état major de l’armée américaine, le général Martin Dempsey, a affirmé devant le Congrès qu’ « il n’y a pas d’alternative au gouvernement de Bachar al Assad en Syrie, car de l’autre côté il n’y a qu’un mélange de forces divisées composées de rebelles et de fanatiques. »  Une manière d’exprimer son désaccord avec les attaques que Barack Obama semble préparer contre le régime syrien.

Il est de notoriété publique que les militaires américains sont beaucoup moins boutefeux que leurs présidents. En effet, ceux-ci, qui ont le pouvoir constitutionnel de déclarer la guerre, ont usé et abusé de ce pouvoir, surtout quand il s’agit d’attaquer des pays arabes.

Si l’on remonte jusqu’à la présidence de Ronald Reagan, élu en novembre 1980, on constatera que tous les présidents américains qui ont occupé la Maison-Blanche du 20 janvier 1981 jusqu’à ce jour, ont eu des problèmes avec un ou plusieurs pays arabes et n’ont pas hésité à utiliser la force brutale et à procéder à des bombardements indiscriminés.

Ronald Reagan avait un problème avec Kadhafi, il avait envoyé ses bombardiers lâcher quelques bombes sur Tripoli, faisant des victimes civiles, dont une petite fille du dirigeant libyen. Sans parler des soutiens inconditionnels de l’administration Reagan à Israël dans ses innombrables guerres contre les Palestiniens et les Libanais.

Après lui, c’était au tour de Georges H. Bush de faire une fixation sur l’Irak. En s’en prenant à ce pays en janvier 1991, il avait concentré ses attaques sur les infrastructures civiles avec l’intention claire de transformer la vie des Irakiens en enfer. Il avait largement réussi, surtout que les sanctions qui étaient imposées pendant des années à l’Irak étaient plus dévastatrices que la guerre elle-même.

Après lui, Bill Clinton prit le relais, et non seulement il renforça les sanctions et maintint la stricte interdiction de vol pour les avions civils et militaires irakiens, mais se paya lui aussi sa propre guerre contre l’Irak dans le cadre de l’opération dévastatrice « Desert Fox » menée en décembre 1998 contre un pays déjà à genoux. Sans parler du fiasco somalien qui avait tourné à l’humiliation pour l’administration Clinton.

Avec l’arrivée de George W. Bush, le fils de son père, à la présidence en janvier 2001, la fixation sur l’Irak par la Maison-Blanche avait pris carrément un aspect pathologique. On se rappelle comment tout au long de l’année 2002 et début 2003, les mensonges et les manipulations à grande échelle tissés par la Maison- Blanche dans le cadre de ses préparatifs d’occupation de l’Irak, à la fois pour le « débarrasser des armes de destruction massive » et le mettre sur « la voie de la démocratie ». On connaît la suite. Plus de dix ans après l’intervention américaine, l’Irak est toujours en proie à l’anarchie et aux déchirements interconfessionnels.

En janvier 2009, avec l’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, on s’est dit voilà un président qui ne va pas suivre ses prédécesseurs dans leur politique anti-arabe, en s’abstenant de se payer lui aussi sa propre guerre contre l’un de ces pays situés entre le Golfe et l’Atlantique. Mais on était allé un peu vite en besogne. Voici que le président afro-américain, dont l’élection en novembre 2008 avait soulevé d’immenses espoirs dans le monde en général et dans le monde arabe en particulier, prend la voie de ses prédécesseurs. Il semble que les démangeaisons de la guerre contre les Arabes qui avaient assailli Reagan, Bush père & fils et Clinton n’aient pas épargné Obama qui tient lui aussi à enrichir son CV par une guerre. Non pas une guerre léguée par son prédécesseur, comme celle de l’Afghanistan, mais sa propre guerre qu’il déclenchera lui-même.  Après tout, si tous ses prédécesseurs ont cassé de l’Arabe, pourquoi pas lui ?

La Syrie va fournir l’occasion à Obama pour qu’il montre au monde sa virilité, pour que, à l’instar de ses prédécesseurs, il se livre à un sport très prisé à la Maison-Blanche : casser de l’Arabe. A l’heure où ces lignes sont rédigées, CNN vient d’annoncer que le 44e président américain a décidé de frapper en Syrie. Même s’il n’y a aucune preuve que le régime de Bachar Al Assad a utilisé des armes chimiques, même si Carla del Ponte ( l’une des membres de l’équipe de l’ONU chargée de l’enquête ) fait assumer la responsabilité à l’opposition syrienne, même si le renversement ou l’affaiblissement de Bachar Al Assad sera un pain bénit pour Al Qaïda, cette même organisation qui avait tué en quelques minutes le 11 septembre 2001 plus de 3000 Américains.

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