Les députés retirés haussent le ton et fixent un ultimatum à la Troika

Ce 30 août, au siège du parti le Courant populaire, parti du défunt Mohamed Brahmi, ils sont plusieurs députés retirés derrière les micros des médias nationaux et internationaux.

« Unis » et « aussi déterminés que jamais », ils ont convié les journalistes pour leur faire une mise au point et expliquer la position des députés du sit-in Errahil, par rapport aux derniers cafouillages qui ont secoué récemment la scène politique.

La première  clarification a été avancée par Khemaies Ksila : « Nos revendications sont indissociables. Il s’agit de la dissolution de l’ANC et de la démission du gouvernement actuel. Ce deuxième point, si réalisé, serait un bon signe pour engager un dialogue vrai et sérieux avec la Troika. »  Ce dialogue, le député l’a estimé très urgent, tellement urgent que le groupe des députés a fixé un ultimatum.

Selon Khemaies Ksila : les revendications touchent plusieurs franges de la société tunisienne. « Demain est le dernier jour pour la Troika et surtout pour Ennahdha, pour enfin donner des signes de collaboration sérieuse. Le pays ne supporte plus cette crise politique », a estimé le député de Nidaa Tounes. Le « manque de sérieux de la Troika et du mouvement Ennahddha » a également été fustigé par Fadhel Moussa, le député d’Al-Massar. Celui-ci n’a en effet «  jamais entendu parler d’un gouvernement d’élections ». Ce gouvernement avancé par Rached Ghannouchi comme éventuel remplaçant du gouvernement actuel, serait donc selon les députés retirés, comme une aberration, une tentative pour temporiser. « S’ils veulent par cette appellation un gouvernement qui supervise les élections, nous leur disons que c’est à l’ISIE de s’en charger. Et s’ils entendent que ce gouvernement serait une garantie de transparence et de neutralité, nous leur disons que c’est trop tard et que la neutralisation de l’administration doit commencer maintenant », a souligné Fadhel Moussa. C’est que, selon lui, il est erroné de réduire le duel politique actuel à une simple bataille électorale. «  L’enjeu est beaucoup plus important, a martelé Ksila. Il s’agit d’assainir l’Etat et l’administration des nominations partisanes qui ont gangrené partout ». Pour y parvenir, le groupe des députés contestataires a déclaré maintenue leur campagne Erhal, tout en réfutant les «  allégations faisant état d’un échec de cette campagne ».

La revendication sera également « fortifiée » par un ensemble d’activités telles que la chaîne humaine, qui s’étendra demain du Bardo à la Place de la Kasbah, ou encore la soirée artistique qui s’ensuivra à la place du Bardo. Le sit-in recevra par ailleurs le soutien de délégations en provenance des régions intérieures et verra l’installation de tentes de plusieurs organisations professionnelles représentant les médecins, les avocats, ou encore les universitaires.

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