Consommation d’alcool et prise de poids : un lien bien établi

Le rôle que joue la consommation d’alcool dans la prise de poids a longtemps été sujet à controverse. Cependant, bon nombre d’études semblent s’accorder sur le fait qu’elle joue réellement un rôle dans la prise de poids, par le biais de plusieurs facteurs.

D’une part, l’alcool est de toute évidence très calorique et d’autre part, il influe sur les choix alimentaires de celui qui en consomme. C’est ce qui a été découvert récemment  par une équipe de chercheurs de la National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism.

Les données proviennent de l’enquête NHANES 2003-2008 ou  National Health and Nutrition Examination Survey, à l’occasion de laquelle pas moins de 1864 consommateurs d’alcool (1126 hommes et 738 femmes) ont été invités à faire la liste des aliments qu’ils ont consommés sur une période de deux jours :  le jour où ils ont consommé de l’alcool, ainsi que le jour où ils n’en ont pas consommé.

Les résultats de l’étude publiés dans la revue American Journal of Clinical Nutrition montrent que les jours où ils consomment de l’alcool, les participants de sexe masculin avaient des apports caloriques plus élevés avec un excès de 433 kcal dont 168 kcal non liés à la consommation d’alcool. Les nutriments en excès comprenaient  les protéines, les matières grasses saturées et mono-insaturées, le potassium et le sodium. Les produits laitiers ainsi que les fruits figuraient en moindre proportion dans leur régime.

Quant aux femmes, elles ont enregistré un apport calorique en excès, estimé à 300 kcal, seulement en rapport avec la consommation d’alcool. Elles avaient néanmoins enregistré des apports en matières grasses et en potassium plus élevés, tandis que les apports  en  produits laitiers étaient plus faibles.

Ces résultats amènent à penser que les jours où les individus consomment de l’alcool, la manière dont ils s’alimentent conduit à un régime alimentaire moins sain pour la santé que les non-consommateurs d’alcool. Reste à déterminer par quel mécanisme l’alcool oriente les choix alimentaires en question. Ainsi, cette découverte pourrait optimiser les efforts de santé publique visant à améliorer les habitudes alimentaires des individus, et à mieux lutter contre le phénomène de l’obésité.

Cette étude n’est pas la seule à avoir établi un lien entre la consommation d’alcool et les troubles alimentaires. En effet, une autre étude américaine parue dans le Journal of Studies on Alcohol and Drugs a montré que la dépendance à l’alcool, ainsi que les troubles alimentaires pourraient provenir des mêmes gènes à risque.

En outre, environ 6 000 jumeaux australiens ont fait l’objet de cette étude. Le Docteur Melissa A. Munn-Chernoff,  auteure de l’étude, explique qu’ « en comparant les résultats récoltés chez les vrais et les faux jumeaux, on peut estimer l’impact des gènes sur les différents traits ». Ainsi, les scientifiques de l’université de Washington ont pu établir que près de 25 % des hommes et 6% des femmes ont été dépendants à l’alcool à un moment de leur vie. Parmi eux, 11 % des hommes et 13% des femmes ont également été victimes de troubles du comportement alimentaire. Cette découverte constitue un argument de plus sur le lien entre alcool et alimentation. De plus, selon le Docteur Melissa A. Munn-Chernoff, cette découverte pourrait amener à une approche différente et plus complète dans le traitement de ce genre de maladie dans les hôpitaux et centres de désintoxication. Et d’ajouter : « Si les centres pouvaient prendre conscience de ces données et traiter les deux conditions en même temps, cela pourrait aider beaucoup de patients. »

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