La fin de la crise politique n’est pas pour demain

Intervenant sur les ondes d’Express Fm, Mehdi Haouas, ancien ministre du Tourisme dans le gouvernement de Béji Caid Essebsi, a donné son avis sur les derniers événements en Tunisie. La crise politique est encore d’actualité, qualifiée de situation de paralysie par Le Monde.

A propos de l’élection de la Tunisie comme membre du conseil administratif de l’OMT, l’ancien ministre a déclaré que cela représente une « excellente nouvelle ». L’OMT joue un grand rôle dans le secteur du tourisme à l’échelle mondiale. Le fait que la Tunisie soit élue comme membre du conseil exécutif  pourrait être de grand intérêt. « Cela permettrait d’avoir un fort lobbying, l’organisation de congrès et donc plus de publicité pour la Tunisie à l’international », a-t-il ajouté. Cependant, le poste d’un ministre du Tourisme actuellement est compliqué à gérer  car sans stabilité et sécurité avec en prime le terrorisme au sud,  il est difficile de convaincre les  touristes de venir passer des vacances rassurantes, bien que la Tunisie soit dotée d’un bon potentiel. Selon Haouas, il existe également des possibilités pour se repositionner sur le marché méditerranéen ,, car actuellement on occupe la 7e ou la 8e place : « Un touriste ne pensera pas à la Tunisie avant d’avoir penser à l’Espagne, au Maroc ou à la Grèce… Pour l’instant on est sur les réservations de « last minute«  car un touriste ne peut pas faire une réservation avant trois mois car il ne sait pas comment évoluera la situation ».

L’ancien ministre a également démenti l’information qui suggère qu’il serait enclin à constituer son propre parti politique : « Ce n’est pas le moment adéquat pour fonder son propre parti politique. La Tunisie traverse une crise et il faut s’unir et non se disperser. Maintenant, il faut laisser les ambitions personnelles de côté et essayer de faire sortir la Tunisie de cette impasse ».

Rappelant son optimisme, Haouas affirme pourtant que cette étape de la crise est destinée à perdurer encore 6 à 9 mois au minimum, « dans cette période, il faut mettre en avant l’intérêt général du pays. Si la Tunisie sombre, nous sombrerons avec. Le cas contraire est vrai, ainsi chacun pourra trouver des opportunités économiques ou politiques à saisir ».

Pour l’instant la situation reste très bloquée pour Haouas, « cela fait un mois qu’on est au point mort. Si on trouve une solution aujourd’hui, les élections auront lieu dans 6 ou 9 mois au minimum. Si on ne trouve pas une solution avant fin septembre, il n’ y aura pas d’élections transparentes et justes avant octobre 2014. »

Affirmant sa proximité de vision avec le Front du salut national, Haouas affirme que sa famille politique est représentée par les partis démocratiques. Rappelant qu’il a déjà invoqué la nécessité d’une grande coalition : « Depuis que j’ai quitté le gouvernement,  j’ai appelé à un grand parti rassemblant les forces démocratiques, non pas pour faire un bloc contre Ennahdha mais pour éclaircir la vision qu’on a sur la Tunisie via un programme politique et économique ».

Pour sortir de la crise, « il faut, une feuille de route claire pour que chaque parti se prépare convenablement aux élections. Il faut également  un gouvernement de compétences sur qui toutes les parties concordent. » Evaluant les différentes initiatives présentées, Haouas a jugé que la proposition la plus raisonnable est celle de l’UGTT  qui appelle à une feuille de route claire, une commission d’experts pour aider l’ANC à finaliser la Constitution et une fixation de la date des élections,  après quoi on pourra parler de vraie légitimité. Le gouvernement qui sera élu pour cinq ans pourra ainsi travailler à réaliser les revendications de la révolution : « travail, dignité et citoyenneté ». Mais pour l’instant, la crise n’est pas près d’être résolue, « certaines parties ne veulent pas faire de concessions et avancent leurs ambitions personnelles sur l’intérêt général de la Tunisie ».

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