Après l’UGTT et l’UTICA, la CONECT lance son initiative

Le mot ‘’crise’’, on ne cesse de l’entendre, partout, dans la rue, sur les plateaux télévisés, les radios. Une crise politique, pointant du doigt essentiellement la Troika, que certains qualifient de très grave, car visant l’unité du peuple tunisien, apparemment divisé, selon Rached Ghanouchi. Dans une entrevue accordée au journal belge Le Soir, il déclare: « C’est un fait, il y a désormais deux rues en Tunisie », faisant référence aux manifestations contre et pro départ du gouvernement actuel d’Ali Laârayeth.
Une crise aggravée par les derniers évènements qu’ont vécut les Tunisiens, de l’appel à la violence au passage à l’acte. Résultats : des assassinats politiques et des martyrs tombés du côté de l’armée. Mais à qui profiterait ce climat d’insécurité qui sévit dans le pays ? En tout cas, pas à l’économie qui chaque jour pâtit un peu plus de cette situation et autour de laquelle l’étau se resserre de plus en plus.
C’est dans ce contexte, qu’ont été lancées différentes initiatives, à l’instar de celle de l’UGTT, en concertation avec l’UTICA et LDTH, ayant pour proposition la dissolution du gouvernement et une réforme de l’ANC. Dans ce contexte, Houcine Abbasi avait déclaré que les partis politiques devaient dépasser leurs calculs politiques et placer l’intérêt de la Tunisie au dessus de toute autre considération ; une proposition non approuvée par Rached Ghannouchi qui ne voit pas la nécessité de la dissolution du gouvernement.
Ce 6 août, une nouvelle initiative voit le jour, rassemblant la CONECT et d’autres organisations syndicales- le Syndicat des agriculteurs de Tunisie, l’Union générale des travailleurs tunisiens et la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV)- une initiative qui se veut non partisane, faisant valoir l’intérêt de la Tunisie et l’avenir de sa jeunesse, qui a « le droit de rêver dans un pays de sécurité », a dit Tarek Cherif, président de la CONECT.
La crise ne doit pas durer
M. Cherif, brossant un tableau de la situation actuelle de l’économie , »un taux de chômage élevé et des disparités régionales de plus en plus accrues », a affirmé que la situation ne doit pas durer car l’économie ne pourrait pas le supporter. Une division nationale, de plus en plus palpable, entre les différents courants politiques ne fera qu’aggraver la situation. Les challenges sociaux économiques depuis le 14 janvier 2011 restent de taille. Cependant, sans visibilité et confiance entre les différents acteurs économiques, il ne peut y avoir ni investissement national, créateur de richesse, ni investissement extérieur qui permettrait l’expansion du marché tunisien qui reste de petite taille. C’est dans ce contexte que la CONECT appelle à un gouvernement de salut national pour les cinq mois à venir, avec des responsabilités limitées, la restriction du travail de l’ANC à la rédaction et l’approbation de la constitution d’ici au 23 octobre et l’ISIE qui assurera les élections d’ici la fin de l’année 2013.
La CONECT a également appelé à revoir les nominations récentes effectuées au sein de l’administration, afin de garantir l’impartialité et l’indépendance de celle-ci, ainsi que celle des mosquées, dans lesquelles sont tenus des discours incitant à la haine et à la violence. Ainsi, tous les représentants politiques et ceux de la société civile doivent combattre le terrorisme, afin de réussir la transition démocratique.
La crise politique oblige à prendre ses responsabilités
Pour Leith Ben Bechir, président du syndicat des agriculteurs Tunisiens : »La gestion de la transition démocratique a jusque là échoué. La crise tant politique qu’économique nous a obligés à prendre notre devoir en main en tant qu’organisation indépendante ».
La crise a asphyxié la saison touristique 2013
« La situation du tourisme au mois d’août est modeste. Juillet 2013 a été médiocre par rapport à la même période de 2012. Les raisons invoquées sont conjoncturelles et liées au mois de Ramadan et à une mauvaise gestion de l’offre. Certains disent qu’il y a bien des touristes. Certes, mais si la crise était survenue au mois d’avril, on aurait eu zéro touriste. Des groupes d’Algériens et d’Italiens ont du annulé leur réservation suite aux événements récents. Et il faudrait dépasser la crise pour pouvoir sauver la saison d’août et de septembre. Suite à une situation de crise, les tours opérateurs perdent confiance et ils partent ailleurs (Italie /Turquie…). Même si la crise est dépassée, il serait déjà difficile de les reprendre », conclut Mohamed Ali Toumi, président FTAV.

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