La Société mutuelle centrale « Les Vignerons de Carthage » serait-elle convoitée par le ministère de l’Agriculture ?

Sans vouloir accuser le ministre de l’Agriculture,  Mohamed Ben Salem de quoi que ce soit. Mais les indices qui existent actuellement ne plaident pas en sa faveur.  Un retour sur les faits s’impose : le 5 avril dernier, Mohamed Ben Salem, lors d’une conférence de presse, parle de dossier de corruption et de mauvaise gestion au sein de la société en question.  Le ministre pour étayer ses accusations s’est appuyé sur « un prêt non justifié de 64 mille dinars » et  «  les salaires hors grille ».

La décision a été émise séance tenante : dissolution du conseil d’administration  de la Société mutuelle centrale et nomination d’un comité de gestion. Première constatation : le ministre de l’Agriculture peut-il se substituer à la justice ? Même s’il s’est avéré que des dépassements ont été commis avec preuves à l’appui, ce n’est pas du ressort du ministre de trancher dans  cette affaire. «  Mohamed Ben Salem voudrait être à la fois juge et partie », nous confie Mohamed Balti,  membre du syndicat de la Société mutuelle centrale  «  Les Vignerons de Carthage ».
Deuxième constatation : dans le cas d’un dépassement, le conseil d’administration devrait  tenir une réunion extraordinaire à laquelle pourra assister un représentant du ministère concerné.
Notre interlocuteur nous fait part des retombées dangereuses de la décision du ministre de l’Agriculture au cas où elle entrerait en vigueur : «  A partir du moment où le conseil d’administration sera dissous, et le comité de gestion sera nommé, les banque n’accorderont plus de prêts à la société », proteste le syndicaliste avant de continuer : « Je vous rappelle que la société représente 65% de la production des vignerons en Tunisie et qu’elle emploie 500 personnes entre ouvriers et fonctionnaires.  Sans parler des 1500 agriculteurs qui ont des engagements avec elle », précise-t-il.

 Malgré tous ces paramètres,  le ministère de l’Agriculture, appuyé par le ministère des Finances, n’en démord pas. En effe, hier, suite à une  réunion au siège du gouvernorat de Tunis entre les représentants de l’UTICA, de l’UGTT, du ministère de l’Agriculture et celui des Finances, nous avons appris que les choses n’ont pas beaucoup changé et que les deux ministères continuent de s’acharner sur la société.

Actuellement, la Société mutuelle centrale continue à fonctionner malgré les menaces qui la guettent. La prise de position de tous les ouvriers est on ne peut plus claire : il est hors de question d’accepter la nomination d’un comité de gestion qui serait chassé dès son arrivée.  Un bras de fer se profile à l’horizon entre ladite société et le ministère de l’Agriculture.

Par ailleurs, les bons résultats obtenus par les cadres de la Société sont considérables. Ils ont été mentionnés dans un communiqué de presse rendu public le 20 août : «   L’évolution notable de ses activités sur tous les plans : le financement de la production de ses adhérents à hauteur de 18.6 millions de dinars, la réalisation d’un chiffre d’affaires de 76,5 millions de dinars et la contribution aux caisses de l’Etat au titre d’impôts et taxes de 26,5 millions de dinars ont été mis en exergue ».

Cependant, ce bilan impressionnant n’est cependant pas pris en compte par les autorités compétentes, d’autant que  le représentant du ministère de l’Agriculture a ignoré la convocation à la réunion du conseil d’administration de la Société mutuelle centrale.

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