« Le mouvement Ennahdha souffre du délire de persécution ! »

Olfa Khelil est membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes. Vêtue de rouge et blanc et se couvrant d’un grand drapeau tunisien, elle était présente hier au sit-in Errahil ( dégage !) du Bardo. Nous l’avons sollicitée pour justifier sa présence et nous renseigner sur la lecture que son parti donne des derniers événements ayant secoué le pays. Interview.
L’Economiste Maghrébin : Pourriez-vous nous expliquer les motifs de votre présence ce soir au sit-in ?
Olfa Khelil : Nous venons ici chaque jour depuis l’assassinat du martyr Mohamed Brahmi. Je suis également ici pour soutenir les députés dans leur sit-in, et parce que je suis convaincue qu’on ne peut plus continuer avec le gouvernement actuel qui n’a cessé de prouver ses échecs et son incompétence.
Avec ce qui s’est passé et nos soldats lâchement assassinés au Jebel Chaambi, le gouvernement a montré qu’il n’est pas capable de garantir la sécurité aux citoyens. Personne ne se sent en sécurité désormais. Il faut un gouvernement qui soit capable d’ actions fortes afin de rétablir la sécurité en Tunisie.
Donc la sécurité est votre principal souci ?
Absolument, il y a la sécurité en premier lieu. Mais comme dans la pyramide de Maslow, il y a d’abord la nécessité de nourrir le peuple. Il y a des gens qui ne trouvent plus de quoi se nourrir. C’est pour ça que les Tunisiens sont en colère et qu’ils occupent les rues. Mais ces foules qui sont là soutiennent aussi les députés pour leur acte courageux. Qu’un député gèle ses activités au sein de l’ANC pour protester contre la dégradation de la situation est un acte à saluer et à soutenir.
En tant que membre de Nidaa Tounes et en tant que femme tunisienne, comment voyez-vous l’avenir du pays ?
Notre projet de société à Nidaa Tounes concorde parfaitement avec les revendications des femmes tunisiennes et du peuple tunisien. Nous voulons un pays où les libertés sont garanties, un pays où toutes les régions sont égales en matière de développement. Personnellement ce qui me motive le plus, c’est le développement des régions défavorisées. Il est temps que les Tunisiens qui y vivent et qui sont sans ressources puissent accéder aux droits les plus basiques : la santé, l’éducation, l’alimentation.
A Nidaa Tounes, vous êtes les premiers à avoir appelé à dissoudre l’ANC, est-ce vraiment la solution ?
Si Béji Caid Essebsi l’avait dit avant tout le monde, depuis février, à la suite de l’assassinat du martyr Chokri Belaid, plus précisément. Il était visionnaire, et c’est ce qu’il fallait faire. On avait élu une ANC pour qu’elle rédige la Constitution. Chose qui n’a pas été faite. Pis encore, l’ANC est à l’origine de la dégradation de notre économie nationale, de la détérioration du niveau de vie dans les régions pauvres. Le pays est arrivé à un point de non-retour. C’est pour toutes ces raisons que nous exigeons le départ de ce gouvernement incompétent et de cette ANC tout aussi incompétente qui l’avait désigné.
Donc vous n’êtes pas contre le gouvernement parce qu’il est dominé par les islamistes du mouvement Ennahdha ?
Au début, on est parti sur les bases d’un projet démocratique. Lorsque le mouvement Ennahdha a gagné les élections, on a accepté les résultats de bon cœur. Le problème c’est qu’après, il s’est avéré que le gouvernement d’Ennahdha est un gouvernement d’incompétents. Des personnes ayant parfois passé plus de 20 ans en prison ou vécu des décennies à l’étranger hors de la Tunisie, comment pourraient-elles aujourd’hui gérer les affaires de l’Etat tunisien ? Elles sont en manque de connaissance et d’expertise. Au lieu de recourir à des compétences, les nahdhaouis persistent à ne travailler qu’avec les leurs. Ils souffrent du délire de persécution. Je leur dis : « vous êtes incompétents, partez et cédez la place à ceux qui peuvent assumer vos responsabilités ! »

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