Pandoravirus : une nouvelle forme de vie ?

Le monde de l’infiniment petit a encore révélé un de ses secrets. Alors que les virus sont connus pour être des entités microscopiques infectieuses, dont la particularité est  de ne contenir qu’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN), de ne pouvoir se répliquer qu’au sein des cellules qu’ils infectent en utilisant les constituants de celles-ci, et que plus globalement leur structure ainsi que leur organisation sont fondamentalement différentes du monde cellulaire, la découverte d’un nouveau type de virus risque de bouleverser toutes les croyances admises jusqu’ici à ce sujet.

En effet, deux équipes françaises du laboratoire Information génomique et structurale (CNRS/Université Aix-Marseille), associées au laboratoire Biologie à Grande Échelle  (CEA/Inserm/Université Grenoble Alpes), ont découvert récemment  au Chili et en Australie un nouveau type de virus géants : les pandoravirus. Les nouveaux venus dans le monde de la science, dont l’un a été découvert dans une mare d’eau douce en Australie, ont été baptisés respectivement le pandoravirus salinus et le pandoravirus dulcis.

La question qui se pose alors est la suivante : qu’ont ces particules de si particulier , et qu’est-ce qui les distingue des autres virus découverts jusqu’à présent ? Les résultats des travaux, publiés dans la revue Science, montrent une complexité génétique jamais connue même supérieure à certaines cellules à noyau. En effet, ils comptent  entre 1900 et 2500 gènes, un nombre de gènes cent fois plus important que les virus les plus connus tels que le virus du SIDA ou de la grippe. De plus, seulement 6% des protéines codées par le génome en question  sont similaires à celles synthétisées dans d’autres organismes vivants qu’ils soient viraux ou cellulaires. Le pandoravirus n’a donc pas livré tous ses secrets d’où son appellation : un nom qui s’inspire de leur forme d’amphore et une référence à la boîte de Pandore. Plus surprenant la capside, élément structural essentiel dans le virus, dont le rôle est la protection du génome viral dans le milieu extracellulaire, n’est pas synthétisée.

Cependant, ces entités pourtant si particulières restent caractérisées par l’absence de ribosome, (complexes faits de protéines et d’ARN dont la fonction est de synthétiser les protéines), de production d’énergie et de division, ce qui font d’elles donc des virus.

Ainsi, les premiers travaux à l’origine de la virologie moderne en 1950 et les fondements qui en ont découlé risquent donc d’être bouleversés fortement, car l’on réalise par cette découverte que le monde cellulaire et le monde viral ne sont pas si fondamentalement  différents. Cette structure  à mi-chemin, que certains vont décrire comme une sorte de nouvelle forme de vie, amène à croire que l’on a enfin trouvé le chaînon manquant entre les mondes cellulaire et viral.

Ces deux spécimens viraux découverts à une distance de 15000 km, entre le Chili et l’Australie, montrent qu’il ne s’agit pas d’une forme de vie rare, sinon on les aurait découverts dans un environnement limité dans l’espace.

Combien de secrets seront dévoilés, combien de dogmes remis en cause ? Une longue série de découvertes à prévoir, pour une meilleure connaissance du monde microscopique et de sa diversité.

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