Fuite des cerveaux tunisiens : comment stopper l’hémorragie ?

A l’instar des pays émergents, la Tunisie assiste au phénomène alarmant de la fuite des cerveaux vers d’autres rivages où les perspectives d’embauche, d’excellence et de recherche scientifique sont beaucoup plus alléchantes.

Normalement, ce phénomène devrait inciter les décideurs des pays du tiers monde à s’interroger sur les raisons pour lesquelles les éléments excellents quittent le pays et offrent leurs compétences et savoir-faire à d’autres nations plus accueillantes et plus intéressées par leurs idées souvent novatrices.

Les statistiques sont déjà alarmantes et elles ne datent pas d’hier, car en 2008, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche technologique et l’Agence tunisienne de la coopération technique avaient organisé la troisième édition du forum des compétences tunisiennes résidant à l’étranger et les statistiques avancées par le forum n’étaient guère enthousiastes.

Qu’on en juge : les compétences tunisiennes hautement qualifiées résidant à l’étranger sont dispersées dans plusieurs pays : 31% France, 13% Canada, 11% aux USA et 10% en Allemagne.

Lors de son allocution, hier, lundi 22 juillet, à l’occasion de la célébration de la Journée du Savoir, le président provisoire Moncef Marzouki  a expliqué la propagation du phénomène par : « les prédispositions limitées de nos enfants aux sacrifices ». En outre, il reconnaît  l’ampleur du problème puisque « la moitié des compétences tunisiennes résident en dehors de nos frontières ».

À travers  cette déclaration,  le président invite  les compétences tunisiennes à s’armer de patience devant la bureaucratie des administrations tunisiennes, mal qui entrave toute initiative scientifique et innovatrice.

Cependant, il n’a pas mentionné les facteurs favorables à la fuite des cerveaux dans son allocution, à savoir le chômage qui touche tous les secteurs et favorise l’immigration de 25.000 Tunisiens annuellement.

Sans oublier que les chasseurs de tête, conscients de la situation précaire des pays sous-développés, réussissent très souvent à séduire nos compétences qui cèdent à l’envie de s’installer définitivement dans les pays d’accueil.

Une analyse profonde du phénomène, qui aboutirait à faire  stopper cette hémorragie qui emporte nos jeunes vers d’autres chemins et sous d’autres cieux, se fait toujours attendre.

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