Tabac : lever le pied ne réduit pas la mortalité

Chaque année le mois de Ramadan est une occasion pour les accros du tabac de « décrocher » pendant quelques heures de la cigarette. Se conformant à leur devoir religieux, et s’interdisant de fumer durant toute la période de jeûne, ils donnent la preuve, par eux-mêmes, que cesser de fumer (ne serait-ce que quelques heures) ne relève pas de l’impossible.

Se défaire de la dépendance pharmacologique (à la nicotine), psychique (le besoin d’allumer une cigarette) et comportementale (le geste d’allumer la cigarette) engendrée par le tabac présente des avantages indéniables pour la santé, pourtant nombreux sont les fumeurs qui ne parviennent pas à s’arrêter ou s’y refusent. Pour cette raison, de nombreuses études ont été réalisées, afin de déterminer si le fait de réduire sa consommation de tabac pourrait apporter suffisamment d’avantages pour la santé à long terme, de sorte à représenter une alternative au sevrage tabagique.

A cet effet, des scientifiques écossais ont analysé récemment l’impact de la réduction de la consommation de tabac sur la santé de deux populations de fumeurs en Ecosse. L’une a inclus 1.524 hommes et femmes âgés de 40-65 ans, l’autre 3.730 hommes et  femmes âgées de 45-64 ans. Les deux groupes ont été suivis jusqu’en 2010, sur une période moyenne de 21 ans (avec un maximum de 33 ans) .

Les résultats de l’étude publiée dans l’American Journal of Epidemiology montrent qu’il n’existe aucune donnée en faveur d’une baisse de la mortalité pour les individus qui ont réduit leur consommation en tabac par rapport à ceux qui ne l’ont pas réduite. Ces résultats étant les mêmes que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. Aucun impact n’a été démontré sur la mortalité pour des causes cardiovasculaires ou la mortalité non cardiovasculaire ou même la mortalité par cancer du poumon. Cependant le sevrage tabagique total a entraîné une réduction de la mortalité de 30% environ.

De même, les  marqueurs biochimiques du tabagisme analysés chez les participants de l’étude ont diminué de manière plus faible par rapport à ce qui a été prévu. Ces résultats s’expliquent par le comportement de certains fumeurs qui ont tendance à compenser la réduction du nombre de cigarettes, par une augmentation du nombre et de l’intensité des bouffées, autrement dit en « tirant » plus sur la cigarette.

Ainsi les conclusions de cette étude démontrent clairement l’impact positif du sevrage tabagique sur la santé et la réduction de la mortalité, tandis qu’une simple diminution de la consommation ne serait pas contributive en termes de santé. De manière plus générale, ces résultats suggèrent de ne pas promouvoir la réduction de la consommation de cigarettes comme moyen pour réduire la mortalité, mais comme une première étape vers l’abandon du tabac. D’autant plus que les fumeurs qui réduisent leur consommation de tabac sont très souvent enclins à exprimer leur intention d’arrêter totalement de fumer et le fait d’avoir confiance en leur capacité à mener à bien le sevrage.

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