Elali : la belle vitrine de la Médina de Tunis

Nous continuons encore notre visite dans la Médina de Tunis, emporté comme sur un nuage flottant par les senteurs d’antan et les parfums authentiques de la cité antique.

Quelle ne fut notre surprise en découvrant l’espace Elali, un espace à multiples facettes : celle du café, du restaurant et celle de l’espace culturel où se tiennent des rencontres et des concerts. Bien qu’une touche de modernité ait embelli Elali , cet  espace garde son empreinte authentique et traditionnel pour faire partie intégrante du tissu architectural  de la Médina de Tunis.

Accueillis  affablement par la maîtresse des lieux, Mme Jihène Bouhadra, nous partons à la découverte d’ Elali. L’endroit a bel et bien sa propre histoire : à cheval entre les 16e et 17e siècles, il servait jadis de foyer aux étudiants venant des quatre coins de la Tunisie pour faire des études à La Zitouna. Etudier à la Zitouna était une fierté à l’époque et les habitants de la Médina n’hésitaient pas à accueillir ces étudiants. « Normalement cet espace aurait dû revenir à l’Etat puisqu’il fait partie du patrimoine du pays mais en 1900 il y a eu des expropriations et la famille a eu cet espace en compensation à d’autres domaines expropriés par l’Etat », nous explique Mme Jihène.

Elali-Medina-tunis

L’idée de transformer le vieil immeuble en un projet économique est survenu en 2006 suite à un incendie qui allait ravager l’espace et c’est de là que les travaux d’aménagement, de transformation et de décoration ont été entamés. L’entreprise n’était pas aisée car il a fallu réunir 300 mille dinars  nécessaires pour réaliser  cet objectif .

«  Les travaux entrepris au sein de la Médina coûtent trois fois  plus  cher à cause, entre autres, de la difficulté d’accès, et du fait que le carrelage est fait par des artisans. Ce n’est pas industriel, la boiserie aussi, le fer forgé a été reproduit de l’ancien modèle. Autrement dit,  tout ce qui est artisanal coûte doublement  ». Et de poursuivre :«  C’est pourquoi, cet espace déborde de charme, d’authenticité parce qu’il a sa propre âme ». Concernant la rentabilité du projet, Mme Jihène nous sourit et explique que ce n’était pas dans ses prévisions qu’une révolution se déclenche au moment de l’ouverture de son espace. « Le projet est rentable mais dans des circonstances normales, il aurait pu être beaucoup plus rentable », affirme-t-elle.

D’après notre interlocutrice, l’idée de l’espace consiste à attirer essentiellement les Tunisiens et les touristes bien sûr à visiter un endroit typiquement tunisien, et de servir de vitrine à la Médina. « Tout ce que vous voyez ici de design, architecture intérieure et extérieure est inspiré totalement de notre patrimoine architectural tunisien », nous informe la propriétaire du projet avec fierté.

« Je ne crois plus à l’Etat providence qui gère tout et qui intervient partout », nous dit-elle, en se référant à la négligence du ministère de la Culture pour son projet. Mme Jihène affirme qu’elle s’est trouvée face à des procédures administratives compliquées et bureaucratiques pour avoir une subvention. «  Ce qu’elle propose est très peu par rapport au tourisme et à la culture. C’est du bricolage ni plus ni moins », avance-t-elle.  Pourtant Elali est classé par le célèbre site Trip advisor 2ème  sur 72 restaurants du Grand-Tunis, après deux ans et demi de travail.  (L’espace a ouvert ses portes au public en janvier 2011)

Et si on revenait sur l’aspect culturel d’Elali ? Bien qu’il existe une bibliothèque au sein d’Elali mais rarement les visiteurs prennent la peine d’en feuilleter les ouvrages.

Concerts (flamenco, Jazz, et autres genres musicaux), soirées thématiques, petites causeries, des journées dédiées au patrimoine tunisien sont l’épine dorsale de la dimension culturelle de l’espace.

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