Pr. Gilles Nancy : « Une collaboration très forte entre les différents acteurs du secteur améliorerait le système tunisien »

Dans le cadre du séminaire de restitution du projet d’assistance technique pour le renforcement des capacités de la direction générale de la prévision au ministère du Développement et de la coopération internationale appuyé par l’Union européenne, tenu aujourd’hui le 7 juillet à Tunis, nous avons rencontré le M. Gilles Nancy, professeur à l’université Aix-Marseille, qui a présente une conférence portant sur le modèle macro-économétrique de l’économie tunisienne. Le professeur avance que la meilleure solution serait « une collaboration très forte entre  les différents secteurs qui produisent des informations et des prévisions  économiques ». Notons que cette proposition émane de la contribution des institutions intérieures du pays.       

Pourriez-vous nous expliquer le concept de « modèle économétrique » ?

Un modèle, en économie, est un système d’équation. Ainsi, il existe différents types de modèles et notamment des modèles qui servent exclusivement à la simulation (modèle d’équilibre général calculable).  Le modèle économétrique est utilisé strictement pour la prévision et on parle plus largement d’économétrie. Il s’agit de l’estimation de fonction de relation  entre la consommation, le revenu, l’exportation et le taux de change. Le modèle est aussi macroéconomique, et plus exactement macro-sectoriel, parce qu’on s’intéresse aux agrégats.

Quelle sont les caractéristiques du modèle économétrique tunisien ?

C’est un modèle qui suit exactement  la logique de modélisation  de la direction générale de la Prévision tunisienne, qui réalise des prévisions pour la mise au point des annexes du budget économique.  Les tableaux prévisionnels  sont soumis ou proposés aux bailleurs de fonds, car ils sont les premiers intéressés à connaitre la réponse à la question de l’avenir macro-économique de la Tunisie.

Est-ce qu’il y a des propositions pour améliorer le modèle économétrique tunisien ?

Bien sûr, nous avons ouvert la voie et depuis de nombreuses pistes peuvent être explorées. Ce qui serait le plus souhaitable est une collaboration très forte entre  les différents secteurs qui produisent des informations et des prévisions  économiques. Je pense à la Banque centrale, à la direction  des prévisions sectorielles, à l’INS et à  l’OCE. Tous ces organismes  font des prévisions. Donc on peut améliorer les choses.

Les problèmes du modèle économétrique tunisien ?

Le problème se situe au niveau de la base de données qui reste toujours réduite, car nous n’avons de données que de 1983 à 2008, ce qui nous permet peu d’observation. En effet, avec seulement 28 observations, il est difficile  de faire de l’économétrie. L’idéal, c’est d’avoir  une analyse trimestrielle.

Est-ce qu’il existe une suite à ce projet ?

Pour le moment, il n’y a pas de suite à ce projet. Car ce sont les bailleurs de fonds qui doivent décider. Nous avons élaboré un scénario de prévision  et les experts de la DGP  proposeront des scénarios alternatifs de prévision. Plus tard, les prévisions seront discutées pour arriver à une convergence.

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