Tamarrod : mouvement nihiliste ?

Face à la dispersion des forces démocrates, l’augmentation des problèmes du développement régional, la déviation du gouvernement de toutes les revendications des jeunes, la justice transitionnelle qui peine à régner sur les tribunaux, la prolifération des réactions n’étonnent plus personne. Cependant, aujourd’hui, la barre est placée très haut. Cette fois, on ne parle plus de réforme, de concertation ou de dialogue. En cette même période où le mouvement Tamarrod a explosé en Egypte, son homologue Tamarrod en Tunisie voit le jour, emporté par la fougue de la jeunesse et une détermination inflexible à faire chuter le régime et ses autorités.

Porté à bout de bras par un groupe de jeunes indépendants, le mouvement Tamarrod affiche déjà la couleur dans sa dénomination  révélatrice, « rébellion ». Objectif : dissoudre l’Assemblée nationale constituante tunisienne (ANC)  et le gouvernement tunisien, pour instaurer un comité d’experts qui révise la Constitution de 1956 et l’établissement d’instances indépendantes.

Se prononçant en défaveur de cette action, le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, a déclaré que « le peuple tunisien n’est pas intéressé par le mouvement Tamarrod », dans une interview accordée à la chaîne TNN. Avant d’ajouter : «  La tentative de ce groupe, qui vise la dissolution de l’Assemblée nationale constituante, sera soldée par un échec ».

Serait-ce une anticipation de la part du président provisoire, qui se veut visionnaire, ou une possibilité se basant sur le fait que « le mouvement révolutionnaire » n’a pas présenté son projet ou une autre alternative, après la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale constituante.

L’avis de l’ex-premier ministre s’inscrit dans la même perspective que celle de Moncef Marzouki, en effet, il exclut toute possibilité de réussite de ce genre de rébellion, tout en indiquant que le seul moyen de faire tomber la légitimité est une autre légitimité. Une nouvelle fois, Hamadi Jebali s’amuse à brandir la carte de la légitimité.

Ce mouvement ambitionne de collecter quatre millions de signatures de citoyens favorables à la dissolution de l’ANC et du gouvernement provisoire. Dernièrement, le porte-parole du mouvement, Haithem Aouni, s’est exprimé sur les ondes radiophonique et à tenu à préciser deux points : le premier est que le mouvement atteindra bientôt les deux millions de signatures et le deuxième est le refus catégorique de faire partie ou d’être instrumentalisé par n’importe quel parti politique. Sur ce dernier point, les revendications du mouvement protestataire se croisent avec celles de quelques partis, notamment au sein du Front populaire où Mongi Rahoui affirme que les protestations et les revendications du jeune groupe sont légitimes.

Certains avancent qu’il s’agit d’un mouvement nihiliste, « qui au lieu de proposer des critiques positives, se contente de fustiger rien que pour fustiger ? »
Il semblerait que non et pour cause, Mohamed Bennour, l’un des membres du mouvement confie que « mouvement Tamarrod n’est pas anarchique, il est civil et ne prône pas la violence ».    

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