Pré-enquête : les jeunes et la drogue

Une étude préliminaire, réalisée par le ministère de la Santé se veut un début de réponse, à la tendance de consommation de drogue chez les jeunes. Des drogues qui sont à portée de main, allant des drogues licites et douces (tabac, Alcool, médicaments psychotropes), aux drogues illicites et dures (cannabis, ecstasy ou encore cocaïne). En quoi donc les jeunes Tunisiens sont-ils le plus chevronnés ?

La pré-enquête, qui entame une enquête nationale en septembre 2013, a été réalisée sur un échantillon de 825 lycéens, répartis dans 22 établissements du secteur privé et public, âgés de 15 à 17 ans, dans le gouvernorat de Tunis, au cours de la première semaine du mois d’avril.

Une connaissance généralisée des drogues

Ayant consommé une fois, fréquemment ou carrément dépendants, les jeunes interrogés semblent à un pourcentage significatif  avoir des notions sur les substances psycho-actives, rapportant leurs connaissances  au sein de la famille ou dans des groupes d’amis. En effet, 88.4% déclarent connaitre le cannabis, 79.79% les psychotropes (médicaments sans ordonnances consommés pour se droguer), 76.5% la cocaïne et 20% l’ecstasy. La connaissance va au-delà de celle des types de drogue, car 80% affirment savoir les sanctions encourues suite à la consommation, mais ceci ne l’empêche pas : 11.6% des lycéens interrogés ont expérimenté au moins une fois une substance psycho-active en dehors du tabac et de l’alcool et 50% incluant les deux dernières drogues licites avec un pourcentage variant selon le sexe entre 61.1% pour les garçons et 40.9% pour les filles.

Mais, c’est le tabac qui semble avoir le plus le vent en poupe auprès des lycéens : 43.9% ont essayé la cigarette (56.6% garçons et 32.7% filles) et 17.1%  ont fumé  au cours de l’année dernière (22.7% garçons et 12.7% filles). Pour l’alcool, les pourcentages sont plus bas, car 12.8% affirment avoir essayé l’alcool, les garçons plus que les filles (30.4% contre 5.2%) et les pourcentages du cannabis le sont encore moins (3% des lycéens ont essayé le cannabis et 1.6% l’ont fumé au cours de l’année précédente (3.5% des garçons et 0% des filles). Le taux de consommation plus élevé chez les garçons que chez les filles n’est pas valable pour les médicaments psychotropes. En effet, les interrogées sont plus enclines à les avoir expérimentés (7.5% des filles contre 4.3% des garçons) ou à les avoir consommés au cours de l’année dernière (4.5% des filles contre 1.6% des garçons). L’étude montre que les drogues dures ont les pourcentages les plus bas (0.8% affirment avoir essayé la cocaïne et l’ecstasy).

Se procurer ces substances est facile, selon l’enquête, les endroits qui offrent l’accessibilité sont fréquentés des lycéens, à savoir les cafés, salles de jeu ou encore l’intérieur de l’établissement scolaire. Et ce sont les lycéens qui en sont les premiers fournisseurs, d’après les 52.5% des interrogés, plus surprenant encore les employés des établissements scolaires participent au trafic selon 7.6% des participants à l’enquête, et bien d’autres personnes. Il existe un lien direct entre la consommation des drogues et l’état psychologique de la personne, selon Mounira Garbouj, directrice de la Médecine scolaire chez le Ministère de la Santé : «  plus les jeunes consomment les drogues plus ils ont le moral au plus bas ».

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