Semaine du 01 au 05 juillet 2013

Assemblées générales des sociétés cotées. Le bilan (1/2)

La première semaine de la saison estivale a été dominée par les craintes des investisseurs d’une probable contagion du désordre égyptien en Tunisie, surtout que plusieurs politiciens ont déjà commencé à faire des comparaisons entre les deux pays. Le TUNINDEX est resté proche de ses zones habituelles et clôture la semaine sur une légère hausse de 0,18% à 4 616,70 points. Si on corrige le volume des transactions sur la nouvelle venue au listing de la BVMT -Hannibal Lease- nous nous retrouvons avec un volume hebdomadaire de 12,541 MDT seulement.

Ainsi, et absence de faits marquants, nous préférons commencer à faire le bilan des assemblées générales des sociétés qui se sont déroulées tout au long des mois de mai et juin. Ces réunions annuelles sont devenues houleuses et très chaudes, avec une confrontation directe entre le management et les petits porteurs qui revendiquent une série de réformes nécessaires, selon eux, pour améliorer la gouvernance.

Il y a d’abord la question d’administrateurs représentant des minoritaires dans les conseils d’administration qui reste accompagnée, à chaque fois, par de vives contestations de la part des petits porteurs. Les sociétés créent souvent des barrières à l’entrée en mettant des conditions d’éligibilité très strictes, notamment les établissements financiers et les assureurs. C’est donc ouvert à quelques personnes et aucun des petits porteurs ne pourrait siéger. Nous pensons que les sociétés ont raison à ce niveau. Vu l’importance du rôle que joue le comité de risque ou d’audit, la compétence est plus que requise. Pour les assureurs, le code des assurances exige également un niveau de technicité élevé pour tous les administrateurs sans exception. De plus, dans les assemblées électives des représentants des minoritaires, les actionnaires de contrôle participent, ce qui est une anomalie car le résultat sera connu d’avance, et le rôle de contrôle que l’élu est supposé assurer n’est plus là. Ce point doit être clairement résolu par un texte réglementaire.

Deuxième point chaud: la politique de distribution de dividende. Les petits porteurs tunisiens ne s’inscrivent généralement pas dans une logique d’investissement long terme. Très peu d’entre eux gardent un titre pour des années. Avec la dégradation des conditions du marché, la possibilité de liquider sa position au cours de l’année avec une plus-value intéressante est devenue une mission quasi-impossible pour la majorité des valeurs. Le dividende a donc une importance primordiale puisqu’il s’agit, provisoirement, du seul moyen de rémunération. Mais, dans le contexte actuel dominé par l’instabilité et l’incertitude, les sociétés sont logiquement plus réticentes à distribuer leurs bénéfices et préfèrent garder un matelas de sécurité. Ces réserves qui s’accumulent d’une année à une autre irritent les petits porteurs qui considèrent qu’ils ont droit à cet argent. Il est clair que ces réserves font partie des fonds propres qui sont le garant de la continuité de l’activité d’une entité économique. Opter pour une distribution généreuse signifie que ce filet de sécurité va s’effriter et les ratios financiers vont se détériorer.

Troisième point important : la rémunération des salaires des dirigeants en fait, et depuis que les sociétés publient les salaires de leurs dirigeants, la relation avec les actionnaires est devenue difficile. Les petits porteurs ont été choqués par les sommes perçues par les managers. Ainsi, peu d’Assemblées Générales se déroulent sans de vives critiques envers les dirigeants et des interrogations sur la justification de l’attribution de tels montants, surtout les avantages en nature. A notre avis, il convient d’être cohérent en analysant la rémunération d’un dirigeant. Il faut examiner les données relatives à ses qualifications, son expérience professionnelle et son apport à la société. La compétence et le talent ont, naturellement, un prix. Mais en parallèle, il est important d’informer les actionnaires de la relation spécifique entre la rémunération et les résultats de l’entreprise.

Ces sujets ont toujours empoisonné les réunions des actionnaires qui semblent plus que jamais déterminés à obtenir des concessions. Mais ce n’est guère facile dans un pays où la gouvernance est une défaillance nationale ! (to be continued).

Actualité

Amen Bank, distribution de dividende

Amen Bank porte à la connaissance de ses actionnaires que son Assemblée Générale Ordinaire tenue le 28 juin 2013 a décidé de distribuer un dividende, relatif à l’exercice 2012, d’un montant de 0.850 dinars par action ancienne. La mise en paiement sera effectuée à compter du mercredi 10 juillet 2013.

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