Séance unique en Tunisie : travailler moins, oui mais à quel prix?

La séance unique concerne les mois de juillet-août, avec le mois de Ramadan à cheval pour cette année. Ce régime de travail propre à la Tunisie, instauré en 1956 à l’ère Bourguiba, soulève chaque année une polémique entre les « pour » et les « contre ».

Cela dit, la séance unique n’est obligatoire que pour les administrations, les sociétés privées étant libres de l’instaurer ou de conserver les horaires classiques.

Une partie de la société civile et des experts estiment qu’elle est un ralentisseur pour l’économie tunisienne  et qu’on doit la supprimer. D’autres soutiennent que la séance unique en tant qu’ancienne tradition bien ancrée dans notre société est intouchable.

Peut-on chiffrer le coût de la séance unique?

La séance unique a  un  double coût : un coût direct sur la productivité, mais aussi indirect, à savoir le décalage horaire entre les services pour les travailleurs en double séance et les partenaires étrangers. Ce qui engendre un ralentissement considérable dans les activités des institutions n’assurant pas de permanences, telles que les banques et l’administration.

Selon les statistiques de la Banque Centrale, deux mois de séance unique coûtent 1 point de croissance, hors fluctuation saisonnière. Si on considère que le PIB tunisien est d’environ 50 milliards de dollars, d’après la Banque Mondiale, cela donne 1,750 milliard de dinars de manque à gagner. Ce qui est énorme pour une économie en difficulté comme la nôtre.

A ce sujet, M. Khalil Ghariani, membre du Bureau exécutif et président de la commission des affaires sociales – UTICA,  nous a déclaré que « la séance unique est une forme de modulation. Il faut donc continuer sur cette lancée en fonction de la demande et de la charge dans des proportions admises à l’international ».

Surtout qu’aujourd’hui, « nous avons besoin de travailler davantage et nous devons être un peu dans le même système de travail que l’Europe, notre partenaire stratégique. La séance unique ne devrait pas entraver nos relations de partenariat », a-t-il précisé.

Pour faire face à cette forme de travail, M. Ghariani énonce que « si on accepte le principe de la séance unique, on doit accepter le principe de la modulation également, qui est admis sur le plan international, tout en tenant compte de la production qualitative et quantitative du travail et de la qualité de la vie du salariat. Objectif : alléger la charge de l’entreprise et contribuer à la compétitivité et la pérennité de l’emploi», a-t-il déclaré en conclusion.

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