A peine née, l’Alliance démocratique fait l’objet de toutes les convoitises politiques

Pour sortir au monde et annoncer officiellement sa naissance, l’Alliance démocratique a mis du temps. «  Juste le temps qu’il faut pour nous organiser », a reconnu Mohamed Hamdi, candidat potentiel au poste de secrétaire général, hier, lors de la cérémonie d’inauguration du congrès constitutif de la jeune formation politique. Juste le temps nécessaire, déduirait-on donc, pour assimiler les variables d’un environnement politique complexe et compétitif, pour définir les principes fondateurs, pour décliner les lignes directrices, et surtout pour définir les slogans et la devise. Sur ce dernier point, les militants du parti ont fait court et simple. Quoi de plus logique et rationnel que de prôner dans le contexte actuel tendu l’idéal du « Vivre ensemble ». « La Tunisie est pour tous les Tunisiens », ont ainsi pu lire les convives de l’alliance, sur la grande bannière de bienvenue accrochée à l’entrée du Palais des Congrès. A l’intérieur du bâtiment, et sous la grande voûte illuminée du palais, une foule de militants, jeunes pour la plupart, vibrait de joie et d’enthousiasme, brandissant les drapeaux nationaux et les bannières de l’alliance.

Devant le podium, les premières rangées ont été réservées aux personnages nationaux, aux dirigeants des partis politiques, aux ambassadeurs de pays frères et amis. Ceux-ci sont venus en masse, répondant ainsi aux invitations qu’ils ont reçues. Des invitations sous la forme d’un dépliant élégant comportant deux parties. « Qui sommes nous ? » et « Notre projet ».

A la première question, l’Alliance démocratique s’est présentée comme un « parti social centriste, qui s’est créé grâce aux efforts de militants, de personnages nationaux et de jeunes compétences ayant des références différentes, mais qui sont tous partisans de la Patrie. ». La présentation a également souligné l’aspiration de l’alliance à un débat politique où seuls les projets économiques et sociaux effectifs et fructueux seraient de mise.

En réfutant une bipolarisation politique qu’ils estiment « fausse », les membres du parti et ses 11 députés à l’ANC, formés principalement de militants  du PDP ayant refusé la mutation vers Al-Jomhouri, et d’anciens adhérents du parti de la Réforme et du Développement, proposent un projet d’un  « Etat de droit, qui soit démocratique, fort économiquement, et respectueux des droits de l’Homme, un Etat qui trouve le juste équilibre entre l’initiative privée et la contribution étatique, et qui soit, surtout, en conciliation avec son identité arabo-musulmane ».

A cette invitation brève et consistante, la majorité des personnages politiques, de la droite, comme de la gauche, ont répondu présent. Ne cachant pas sa fierté ni sa joie, Mohamed Hamdi a confié : «  Nous avons invité tout le monde, et presque tout le monde est venu. C’est que nous sommes parvenus, grâce à nos principes modérés, à réunir tous les protagonistes du paysage politique dans un même lieu ».

Souriant, il a renchéri : «  Dans leurs allocutions,  ils ont tous dit qu’ils nous ressemblent. Et c’est réjouissant pour nous ».

Les invités des partis politiques ont en effet tous fait l’éloge de l’alliance. Abdellatif Mekki, le dirigeant nahdhaoui, n’a pas exclu un futur rapprochement avec l’alliance, tout en rappelant la fameuse bataille du 18 octobre 2005, qui avait mis les islamistes et les membres du PDP dans un même front contre la dictature de l’époque.

Hamma Hammami, le leader de gauche, lui, a assuré qu’il attendrait que le jeune parti établisse ses structures avant de lui proposer d’intégrer l’initiative du Front Populaire pour la formation d’un front élargi de salut national.

Réjouis ainsi d’attirer toutes les convoitises et de faire l’unanimité, les membres de l’Alliance démocratique ont tout de même gardé les pieds sur terre. « Nous ne sommes pas encore en mesure de parler de prochaines coalitions électorales », a souligné Mohamed Hamdi. « Nous offrons un discours tranquille et calme, et des projets d’avenir aux quelque 60% des Tunisiens qui sont encore politiquement hésitants ou insatisfaits et qui sont, surtout, exaspérés par les bagarres et les querelles », a-t-il ajouté.

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