Les réfugiés de Choucha refusent de se plier à la décision du HCR de fermer définitivement le camp

Les réfugiés du camp de Choucha, dont la date de fermeture définitive, décidée par le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), est venue dimanche 30 juin à échéance, ont ignoré cette mesure et continué de mener un rythme de vie normal.

Certains ont déclaré à la TAP qu’ils ne quitteront pas le camp et qu’ils préfèrent périr dans le Sahara que de se jeter dans l’inconnu, comme en a décidé le HCR en les obligeant à s’intégrer dans la société locale.

Le paysage général au camp de Choucha est le même. Un grand nombre de tentes sont toujours installées à l’exception de quelques unes abandonnées par les 200 réfugiés qui attendent d’être rapatriés en septembre prochain vers les Etats Unis d’Amérique et dont la plupart séjournent, actuellement, dans un foyer universitaire à Médenine et quelques uns dans la ville de Ben Guerdane.

Les unités de l’Armée nationale sont encore déployées sur les lieux pour veiller à la sécurité des habitants du camp après le départ de tous les représentants des organisations internationales qui ont suspendu toutes les prestations fournies aux réfugiés (alimentation, enseignement, animation, soins…). Les habitants du camp subissent des coupures à répétition d’eau et d’électricité.

Le HCR considère que le camp de Choucha n’existe plus et que ce camp de transit a définitivement été fermé  aujourd’hui.

Le responsable qui parlait sur un ton catégorique a affirmé qu’il n’est pas question de rouvrir les dossiers sur lesquels le HCR a tranché sur la base de critères bien définis. Il a ajouté que les réfugiés du camp n’ont pas le choix et doivent accepter de s’intégrer dans la société locale, les appelant à faire prévaloir la raison en attendant un changement de la situation dans leur pays d’origine pouvant leur permettre de regagner leurs patries.

Il a expliqué que la réinstallation des réfugiés est une affaire indépendante de la volonté du HCR et dépend de la disposition des pays d’accueil à recevoir ces réfugiés.

Le responsable onusien a souligné que le HCR a déployé les efforts nécessaires pour garantir la protection des réfugiés et préserver leurs droits, et ce, avec l’appui du gouvernement tunisien qui a accepté d’intégrer certains d’entre eux.

Le HCR ainsi que d’autres organisations humanitaires dont Al Ighatha Al-Islamya et le Croissant Rouge tunisien ont achevé leur mission au camp de Choucha avec l’expiration de la date d’échéance, soit le 30 juin 2013, abandonnant les habitants du camp à leur sort.

Il convient de souligner que le forum tunisien des droits sociaux et économiques et un groupe de réfugiés du camp de Choucha, dont la situation n’a pas encore été régularisée, ont appelé, au cours de cette semaine, le bureau du HCR en Tunisie et la communauté internationale à ne pas fermer le camp le 30 juin 2013 et à revoir les demandes qui ont été refusées.

Le camp de Choucha, qui se situe dans le gouvernorat de Médenine à sept kilomètres du poste-frontière de Ras Jedir, abrite 700 réfugiés dont 250 ont obtenu le statut de réfugié. La régularisation de la situation de 250 autres réfugiés est en cours. Le reste des réfugiés (200) ne disposent pas du statut de réfugié.

Les réfugiés sont de nationalités somalienne, tchadienne, érythréenne, soudanaise et éthiopienne.

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